La FoodTech, voici le dernier-né des mots porte-manteau qui résonne déjà depuis quelques mois. Ici, il ne s’agit pas nécessairement de cuisine moléculaire ou de robot-chef, mais bien de l’apport des nouvelles technologies dans un secteur où la créativité et le respect des fondamentaux se conjuguent pour créer de la magie et des émotions. Aujourd’hui, c’est tout un écosystème qui se construit, boosté par l’arrivée de nombreuses startups. Si le phénomène a véritablement pris de l’ampleur en 2015 avec les premières licornes, à la fin 2016, on recensait plus de 3 500 startups dans ce secteur en plein essor, pour plus de 38 milliards de dollars investis.

 

Le digital pour reconquérir les consommateurs

Si près du tiers des FoodTechs s’intéressent à la livraison de repas à domicile, avec notamment UberEats – la petite soeur d’Uber, avec ses 60 000 restaurants dans 112 villes – la licorne Deliveroo ou encore la néerlandaise Takeaway.com, les jeunes entreprises misant sur la technologie alimentaire prennent également le pari de la transparence, confiance, mais aussi de la préservation de l’environnement et de ses ressources.

Certaines startups visent ainsi à réduire le gaspillage alimentaire… ou à nous faire découvrir de nouveaux mets. Si le Luxembourg prend le problème du gaspillage alimentaire au sérieux, sous l’impulsion du Ministre de l’Agriculture, de la Viticulture et de la Protection des consommateurs, Fernand Etgen, et de la Ministre de l’Environnement, Carole Dieschbourg, c’est tout simplement parce qu’au sein de l’Europe des 28, ce sont 88 millions de tonnes qui finissent aux ordures chaque année. Dans ce marasme, une jeune startup française, To Good To Go, a développé une application pour lutter contre le gaspillage. Concrètement, les commerçants partenaires réalisent des paniers à petit prix, garnis de produits invendus et sont ensuite présentés sur l’application. Les invendus sont même réservés aux plus démunis. La startup vise ainsi à créer un circuit qui allie solidarité et économie durable afin de responsabiliser les commerçants et les consommateurs sur les nouvelles façons de consommer.

Une fois abordée la façon changeante de consommer ses aliments, impossible de passer à côté de la transparence. Les technologies permettent effectivement de tracer les aliments, « de la fourche à la fourchette ». C’est le créneau développé par « La Ruche qui dit oui », qui met en relation les consommateurs demandeurs de produits locaux et frais, avec les agriculteurs et artisans de la région. L’économie collaborative dans le secteur alimentaire existe bien.

 

Quelle transformation digitale pour les acteurs historiques ?

A l’image du développement des FinTechs, les grands groupes alimentaires se retrouvent aujourd’hui face à un dilemme : développer leurs propres solutions, ou s’associer voire incuber de jeunes pousses. Le groupe coopératif agricole français InVivo a lui fait le choix de créer son propre département « InVivo Food & Tech », avec pour objectif la transformation des achats et des ventes, le développement de nouveaux concepts de distribution, la création de nouveaux modes d’agricultures favorisant les circuits courts, et aussi inventer la nourriture du futur. Le groupe français Auchan, présent dans 16 pays aux quatre coins du monde, dont le Luxembourg, investit aussi dans sa transformation digitale, notamment avec la création en France d’Auchan Direct, le site de courses en ligne du distributeur. « Le digital amène de nouveaux outils de travail, bouscule l’organisation et le métier de distributeur » précise Philippe Goetzmann, Directeur des relations institutionnelles, Auchan.

En enfin, les géants du web et plus particulièrement Amazon, avec leurs moyens logistiques faramineux et leurs futures livraisons par drones, se plongent dans la FoodTech. Avec le lancement de Prime Now Restaurant Delivery, Amazon garantit une livraison en une heure, via son application Prime Now. Lancé en 2016, le service est désormais disponible dans plus de 30 villes américaines.

Au début du mois d’août, lors de la publication de ses résultats trimestriels, Papa Johns, le troisième plus important restaurateur de pizzas aux Etats-Unis a déclaré être « une société d’e-commerce ». « Notre business se rapproche plus de celui d’Amazon que celui d’un restaurant fait de briques et ciment » explique Brandon Rhoten, le CMO de Papa John’s. Même son de cloche pour Baron Concors, le Chief Digital Officer du concurrent Pizza Hut : « Nous sommes en train d’uberiser notre expérience client… Les gens pensent qu’Uber a révolutionné le secteur des transports, mais la startup a transformé le commerce ».

FoodTech disiez-vous ?

 

FoodTech et tendances alimentaires à l’agenda du Foot Summit 2018

Comme l’an passé, les « foodies » du Grand-Duché de Luxembourg se donneront rendez-vous pour le Food Summit. En 2017, plus de 600 participants, professionnels de la restauration, grande distribution, équipementiers ont échangé avec le Ministre de l’Agriculture, de la Viticulture et de la Protection des consommateurs, en plus de découvrir plusieurs dizaines de produits locaux. Le 6 février prochain au Hall Victor Hugo, jeunes talents ainsi que les profonds changements imposés par les nouvelles générations seront à l’honneur, tout comme les nouveaux espaces, recettes & technologies. Les organisateurs annoncent notamment la présence de Thomas Murer, chef du restaurant Aal Schoul, et demi-finaliste de l’édition 2016 de Top Chef, diffusée en France. Sera ainsi dressé un panorama des trendsetters locaux et internationaux, en plus de l’évolution de la distribution, comprenant achats, labels, emballages, logistique ou encore paiements électroniques. Enfin, la protection du consommateur reste un gros volet lors de cette deuxième édition : exigeant sur l’origine des produits, passionné par l’art de cuisiner et de recevoir. Ou comment la cuisine redevient la pièce centrale chez les particuliers.

Pour plus d’informations, rendez-vous sur www.foodsummit.lu.