Le silence règne sur le Stadium de Toulouse. Les trois coups de sifflet de l’arbitre viennent de retentir. Seul bruit perceptible dans ce silence de cathédrale : celui de la vingtaine de footballeurs luxembourgeois et des dizaines de supporters ayant fait le voyage depuis le Grand-Duché. La joie qui électrise le sélectionneur Luc Holtz et ses hommes contraste avec un score nul et vierge. Le Luxembourg, 136ème au classement FIFA vient de décrocher un résultat autre qu’une cinglante défaite pour la première fois depuis 1914 face à l’Equipe de France, classée elle 10ème. Une performance unique et un exploit pour le football luxembourgeois.

 

Sans commune mesure, car les moyens qui séparent ces deux fédérations sont diamétralement opposés. La valeur marchande du groupe luxembourgeois n’arrive même pas aux chevilles d’un seul des onze joueurs français. Tandis que la plupart des Bleus ont des contrats professionnels et plusieurs sponsors, les Lions Rouges (surnom de l’équipe nationale luxembourgeoise) sont des joueurs amateurs ne pouvant vivre de leur passion ou des pensionnaires de centres de formations de clubs professionnels. Deux développements, deux visions différentes pourtant réunis sur un terrain ce soir-là. Ou comment illustrer la difficulté de développer son business autour de ce qui est pourtant le sport principal au Grand-Duché !

Comment dès lors allier sport et business quand il y a peu de développement au niveau de structures professionnelles ? La solution peut se voir sous plusieurs angles.


Développer son activité autour du monde amateur

Le sport au Luxembourg peut compter sur un vivier important de structures amateurs, où chacun peut pratiquer son sport comme loisir. Dès lors, l’idée d’accompagner les associations et clubs amateurs peut germer.

C’est le cas pour Gilles Mangen et Tom Hellenbrand, fondateurs de Sport 50, une plateforme d’aide aux clubs sportifs amateurs. Sport 50 permet de gérer de manière automatisée les besoins des clubs en termes de démarches administratives, comme l’enregistrement des membres, le suivi des cotisations, le calendrier et les rendez-vous mais également les besoins en marketing et communication avec des publications régulières sur les réseaux sociaux par rapport aux résultats, des communiqués de presse automatiquement relayés vers les réseaux de quotidiens sportifs.

Ce modèle d’agence de communication pour clubs amateurs a permis à Sport50 de se développer à l’étranger, la société ayant développé un portefeuille de 900 clubs clients, dont 50 au Luxembourg.

 

Innover dans des sports méconnus

Sur un gazon aussi vert que celui de Josy Barthel, jonché de drapeaux, les mordus du ballon rond découvrent ce tout nouveau terrain jonché de drapeaux. Alors qu’un terrain comme celui de Wembley en possède quatre pour tirer les corners, celui de Preisch en possède dix-huit pour pratiquer le «footgolf», savant mélange qui exige la patience d’un Tiger Woods et la technique d’un David Beckham. Le footgolf, créé aux Etats-Unis, attire de nombreuses personnes de tous pays. Ce sport possède déjà sa propre fédération internationale depuis 2012, a connu sa première coupe du monde la même année et s’importe au Luxembourg de manière rapide. L’Association Luxembourgeoise de Footgolf (ALFG), créée en juillet 2015, compte aujourd’hui une quarantaine de membres. Un premier tournoi WorldTour, sous l’égide de la fédération internationale, s’est d’ailleurs tenu à Preisch début juillet et a réuni 72 participants de toutes nationalités (belges, suisses, néerlandais, argentins…).

 

Allier sport et business évènementiel

Le week-end du 9 juillet s’est tenu le cinquième Luxembourg Polo International, un tournoi de polo de renommée mondiale sur les terres du Grand-Duché. Six équipes internationales s’affrontaient durant le week-end. En parallèle, Automotion, la plateforme dédiée au fleet management et à l’actualité du secteur automobile luxembourgeois, organisait sa 4ème Fleet Garden Party. Il était proposé aux détenteurs d’un billet d’essayer les derniers modèles de véhicules fleet de l’année et de prendre part à un networking de qualité tout en appréciant une rencontre de polo internationale. L’accès était gratuit pour les gestionnaires des parcs automobiles ou décideurs C-levels. Au travers d’un évènement sportif, il fut donc possible de développer son réseau professionnel grâce à cette initiative gravitant autour d’une rencontre sportive. Ou comment allier sport et business dans un pays source d’emplois comme le Luxembourg.

 

Créer un mouvement d’entreprise solidaire autour du sport

«Mets tes baskets et bats la maladie», le slogan populaire d’ELA, l’association européenne contre les leucodystrophies, est l’illustration d’une campagne de sensibilisation, d’information et de collecte de dons à travers un évènement sportif organisé par n’importe quel établissement, souvent scolaire afin de sensibiliser les plus jeunes. Un évènement populaire qui a su attirer le monde de l’entreprise, puisque que le slogan a également pris une autre tournure, porteuse d’un nouveau concept : «Mets tes baskets dans l’entreprise !».

Cette opération solidaire permet de réunir les collaborateurs autour d’un concept simple : 1 pas = 1 don pour ELA. L’objectif est donc tout aussi clair, à savoir faire le plus de pas possibles, lors d’une opération réalisée clés en main par l’établissement. Lorsqu’une entreprise s’inscrit, elle se voit offrir gracieusement par ELA un kit de communication pour sensibiliser en amont et animer le jour J. Ainsi, le temps d’une journée, sans désorganiser l’entreprise, les collaborateurs équipés d’un smartphone ou d’un podomètre sont invités à faire le plus de pas possible pour ELA. Une opération solidaire qui mobilise les salariés autour des thèmes du handicap, de la solidarité et de la prise de conscience de son capital santé. Une opération qui aura réuni en 2017 une trentaine d’entreprises au Luxembourg, dont Dimension Data Luxembourg, pleinement impliquée dans l’opération. Basée à Capellen, la société a animé sa journée caritative à travers plusieurs activités entre midi et 14h : marche nordique, activité running, concert d’un DJ d’une radio locale et démonstrations de Teqball, un dérivé du tennis de table se jouant avec la tête. Un élan solidaire créateur de mobilité qui aura permis, selon Nicolas Lentgen, de «rassembler et fédérer les entreprises présentes sur le parc d’activités, avec pour objectif la volonté d’améliorer la notoriété d’ELA, de mieux sensibiliser à la maladie et de récolter des fonds».