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Le digital a révolutionné nos modes de vie, nos moyens de consommer, nos façons de voir le monde, notre organisation du travail mais aussi nos loisirs. Le monde du sport, qu’il soit professionnel ou purement amateur n’échappe pas à la règle. Les dispositifs technologiques se sont développés dans toutes les disciplines sportives et pour différents desseins. Le rugby, le football, le basketball, la course à pied, athlétisme ou encore les sports-extrêmes ont tous trouvé des avantages quant à l’utilisation et l’usage des nouvelles technologies. Favoriser la performance, mieux connaître les forces et les faiblesses d’une équipe ou d’un joueur en particulier lors d’un entrainement ou d’un match officiel, améliorer l’expérience du spectateur… Bref, les objectifs et les usages du digital dans le sport sont multiples.

 

Nos manières de consommer et de pratiquer le sport, quel qu’il soit, ont foncièrement changé ces dernières années. On ne va plus au stade de la même façon que nos ainés. On ne court plus de la même manière qu’avant. Au niveau professionnel ? On ne s’entraîne plus comme dans les années 1980 ou 1990. Pourquoi ? Car le digital a aussi influencé le sport, un secteur avant tout humain, physique et mental ; d’abord dans le secteur de la performance sportive. Les athlètes et leur staff technique ou mental se sont adaptés à toutes les nouvelles technologies afin d’optimiser au mieux les performances. De la même manière que les entreprises vis-à-vis de leur productivité respective.

 

Big Data et bornes GPS

Car oui, les nouvelles technologies apportent un avantage non négligeable. A commencer par le Big Data qui est déjà présenté comme la richesse du futur. Les entraineurs et autres analystes n’hésitent pas à l’utiliser pour maximiser leurs chances de performer. C’est le cas par exemple de l’ancien coach parti pour entrainer le LOSC (Lille) à partir de juillet prochain. Club ayant tout juste été repris par le luxembourgeois Gérard Lopez. L’argentin analyse toutes les données à sa disposition : possession, pertes de balle, cycle de victoires, le nombre de dribbles réussis, le nombre d’interventions effectués, le taux d’humidité… bref la liste est longue et non exhaustive pour ce fada de statistiques. Au football, comme au rugby et comme dans de nombreux autres sports, les balises GPS sont également utilisées pour comprendre et juger de façon précise le comportement ainsi que les déplacements des joueurs sur un terrain, pendant un entrainement ou une rencontre officielle.

Les joueurs du XV de France arborent ainsi depuis quelques années un petit boitier GPS (SensorEveryWhere). Cette technologie porte le nom de GPS, mais elle n’est évidemment pas utilisée pour localiser les joueurs sur un terrain. Elle permet d’analyser leurs performances, individuelles et collectives (vitesse, distance parcourue, énergie et puissance dépensée…) afin d’améliorer et de repenser le positionnement tactique de chacun et donc, d’élaborer de nouvelles stratégies d’attaques. Ces données sont, en plus, dispensées en temps réel et deviennent ainsi utilisables en plein matchs. Pour anecdote, le luxembourgeois Dimension Data s’immisce lui aussi dans le business du sport, puisqu’il est devenu le partenaire officiel du Tour de France, l’entreprise fournit toutes les données et les statistiques de la course. «C’est une période remarquable pour être un fan de sport, il n’y pas de temps d’attente, car nous avons accès à toutes les données et toutes les analyses en temps réel. C’est une nouvelle expérience pour les téléspectateurs» avait déclaré Samantha Wessels, SVP Group Sales chez Dimension Data lors des IT Days en 2016.

 

Des objets connectés au drone

Mais là n’est pas la seule utilisation de la technologie. Les objets connectés permettent aussi d’améliorer les performances des athlètes. Au-delà des montres connectées classiques, la startup Babolat a par exemple développé des raquettes de tennis connectées qui permettent de recueillir des informations sur le jeu des tennismen sur le court. L’américain Wilson a quant à lui élaboré des ballons connectés (Wilson X) dotés d’un nombre incalculable de capteurs. Au rugby, finies les simples jougs de mêlées statiques, voici le M-Rex, développé par Thalès, un simulateur qui améliore de façon très précise cette phase de jeu qui nécessite puissance, précision, contrôle et entente collective. Cet outil se paramètre sur l’ordinateur et permet de travailler différentes phases selon ses besoins : vitesse de réaction, comportement souple ou agressif… pour ensuite analyser les impacts et améliorer les performances. Dans le même esprit, l’utilisation des drones lors des entrainements offre un indicateur assez précis du positionnement de chaque joueur sur une surface donnée. Un exemple : Roberto Martinez, le nouveau sélectionneur de l’équipe nationale belge de football a instauré cette technologie en fin d’année dernière, cela facilite, selon lui, l’entrainement et la disposition tactique. En plus, les images peuvent être re-visionnées après coup par l’équipe de préparateurs.

 

De spectateur à «spect-acteur»

Le monde du sport se divise en deux catégories aussi bien amateur que professionnel : les acteurs à savoir les sportifs et les spectateurs, qui assistent à un événement sportif. Le digital a permis l’éclosion d’un nouveau concept, celui de «spect-acteur». Celui-ci s’est notamment développé en parallèle des stades modernes et connectés. En France, les nouveaux stades, comme l’Allianz Riviera à Nice ou le Parc OL à Lyon favorisent notamment l’expérience numérique des supporters au sein des enceintes sportives. Ces stades 2.0 sont connectés avec plus d’une centaine de bornes WIFI HD et permettent, entre autres, de faciliter la connexion des utilisateurs sur les réseaux sociaux, mais aussi à l’application du club qui fournit en temps réel les statistiques d’un match par exemple.

Les puristes diront que toutes ces nouvelles fonctionnalités n’ont pas leurs places dans une enceinte sportive, plutôt réservée aux chants et aux encouragements. Les optimistes et les adeptes de la technologie verront en cette évolution une nouvelle manière de remplir les stades en proposant de facto, de nouvelles offres aux spectateurs. Les accès internet ainsi facilités peuvent tout de même avoir quelques conséquences négatives, notamment pour les retransmissions télévisuelles. Avec, grossissons le trait et osons-le, un risque d’uberisation des droits TV ?

 

Du rêve à la réalité ?

Le tout, sans oublier la démocratisation des caméras GoPro qui permettent à toutes les personnes de filmer leurs exploits et de les diffuser sur les réseaux sociaux. Sinon, les nouvelles technologies ont la faculté de transformer les rêves en réalité. Quel footballeur amateur ou du dimanche n’a jamais rêvé de jouer devant un stade plein à craquer et à l’ambiance assourdissante des soirs de grands matchs ? Cette fonctionnalité était possible en one shot avec la Future Arena d’Adidas, à Saint-Denis en France il y a quelques années. Ce premier stade digital accueillait des équipes de foot à 5 en salle et permettait à n’importe quel joueur lambda de jouer au sein d’une enceinte bondée de monde. Des vestiaires au tunnel en passant par les vibrations des chants des supporters, tout était réalisé afin d’imprégner le joueur de l’adrénaline des grands rendez-vous. L’expérience est quasiment la même si l’on se rend à New-York, au Nike Soho à Broadway. Cette nouvelle boutique propose aux clients une expérience shopping unique puisqu’il est possible de tester les produits en direct, sur un terrain de football synthétique ou encore un terrain de basketball avec le Nike+ Basketball Trial Zone. Le terrain est entouré de plusieurs écrans haute définition qui reprennent les terrains de basket à New- York, le Dyckman Park à Washington Heights ou encore le Brooklyn Bridge Park.
Quand le digital devient lui-même un sport

Avec les nouvelles technologies, le sport a aussi repensé et élargi sa définition. Les mœurs ont déjà beaucoup évolué avec l’introduction progressive du concept d’e-sport dans l’opinion publique et collective. Les jeux vidéo et les compétitions sportives qui en découlent commencent à susciter un certain intérêt, en témoigne les nombreuses retransmissions vidéos en direct de certains événements. Les joueurs sont de plus en plus perçus comme des superstars, presque de la même façon que Lionel Messi ou LeBron James. Bruce Grannec et le mosellan Johann Simon sur le jeu vidéo FIFA ont par exemple déjà fait le tour du monde pour quelques compétitions d’envergure internationale. Finalement l’e-sport est devenu un vrai business. Le digital n’a pas fini de nous surprendre, même dans le sport, ce domaine qui a cet avantage d’accepter aussi bien les nouvelles technologies que les matériaux les plus simples et les plus primaires.