yves reding ebrc

Avec une vision stratégique claire et une prise de risque qui se traduit par une croissance externe, la société EBRC est en passe d’atteindre les objectifs posés par Yves Reding il y a maintenant plusieurs années. BEAST est allé à la rencontre du CEO du centre d’excellence européen dans la gestion de l’information sensible, pour discuter des initiatives visant à la création d’un marché numérique européen et du rôle du Luxembourg, dans un contexte de digitalisation et de menace constante de cyberattaques.

 

« Depuis 2000, et le lancement des activités EBRC, le monde a énormément changé. De nombreux acteurs, tels que Facebook et Twitter n’existaient pas, et Google n’en était qu’à ses balbutiements » débute Yves Reding. Mais dès sa création, EBRC s’était déjà clairement positionné sur le digital, notamment avec l’activité business continuity et Data Centre, et une offre haut de gamme, prônant la qualité et l’excellence. Et aujourd’hui, comme le rappelle le CEO de la société du Groupe POST, nous remarquons une accélération fulgurante et exponentielle. « Cette digitalisation est croissante. Elle est partout. Les business models changent, nos habitudes de la vie de tous les jours également. Ce qui était physique devient digital. Prenons l’exemple de l’industrie automobile qui planche sur la mobilité autonome et connectée. Ou encore l’apport de l’intelligence artificielle dans le domaine de la médecine, facilitant les diagnostics. Notre génération ne le connaitra pas, mais un jour la machine, l’intelligence artificielle deviendra supérieure à l’Homme sur tous les plans, avec les risques majeurs que cela représente pour notre espèce » explique Yves Reding. Et les acteurs qui sont au centre du digital et de cette disruption ne sont pas pour autant à l’abri de se faire disrupter eux-même… Vision, stratégie et carnet de route clairs sont donc nécessaires.

 

Vers la construction d’un marché numérique européen

Dans une Europe à la traîne lorsqu’il s’agit de digitalisation – avec une disruption menée principalement par les GAFA aux Etats-Unis et par leurs pendants asiatiques – EBRC compte mener à bien sa stratégie 2020 et son expansion européenne. « L’Europe reste le plus grand marché numérique au monde si l’on se réfère au nombre de consommateurs. Le potentiel est énorme » rappelle Yves Reding, qui souligne la prise de conscience des gouvernements européens, avec la série de grandes orientations engagées.

On pense notamment à l’application en mai 2018 du RGPD, texte fondamental qui protège les données personnelles. « L’Europe a la puissance d’imposer ses normes, mais pour cela, elle doit s’unir, or aujourd’hui, elle reste divisée », regrette le CEO d’EBRC. D’autres règlements ou directives devraient cependant contribuer au développement digital du Vieux Continent : la « Cloud Initiative » vise à soutenir l’industrie du cloud européen, ou la « Free Flow of Data Initiative », déjà annoncée l’an passé puis reportée, devrait aboutir avant la fin de l’année. Yves Reding précise : « L’objectif est la libre circulation des données, comme c’est le cas pour les marchandises.

Aujourd’hui, plus de 50 entraves ont été recensées. Beaucoup de freins subsistent, mais il s’agit d’une priorité absolue pour l’Union Européenne ». Cette impulsion est également donnée par la Présidence estonienne du Conseil de l’EU, qui va oeuvrer pour les 6 prochains mois, avec pour objectif premier de faire de la libre circulation des données « la cinquième liberté fondamentale de l’Union Européenne ». « Un signe fort » pour Yves Reding qui rappelle que de nombreux chantiers devraient alors être ouverts : connectivité, commerce électronique transfrontalier, la portabilité des données, etc. Il ne faut cependant pas oublier les menaces grandissantes qui planent en matière de cybersécurité. Deutsche Telekom a subi l’an passé une attaque de grande ampleur, et récemment WannaCry a touché plus de 300 000 ordinateurs dans 150 pays. « La forteresse Europe affiche du retard, mais le Luxembourg est réputé pour son approche risque, et a tous les atouts pour devenir cette plateforme de data protection nécessaire en Europe. Les pouvoirs publics et les institutions européennes l’ont d’ailleurs bien compris » ajoute Yves Reding, qui pense également que le rôle de l’ENISA, l’Agence européenne chargée de la sécurité des réseaux et de l’information, sera fortement renforcé dans les mois à venir.

 

Dépasser les frontières luxembourgeoises

« Notre objectif a toujours été de devenir un centre d’excellence européen dans la gestion de l’information sensible » souligne le CEO d’EBRC. Cette volonté et vision ont notamment été concrétisées en 2012, avec, lors de l’inauguration du Data Centre « European Reliance Centre East » situé à Betzdorf, l’annonce du changement de nom : « e-Business & Resilience Centre » devenait alors « European Business Reliance Centre ». Un changement loin d’être anodin pour le CEO dont l’ambition était déjà de dépasser les frontières luxembourgeoises… grâce à une croissance organique (+45% sur les deux dernières années) mais également externe via des alliances long terme, stratégiques et industrielles.

Avec une prise de participation au capital de Digora, une société française d’une centaine de collaborateurs, en janvier dernier, la société luxembourgeoise a pu élargir son champs d’action en renforçant son offre de services, mais également sa présence à l’international. Grâce à une présence physique aux quatre coins de la France ainsi qu’au Maroc, à des endroits stratégiques selon les expertises régionales (cybersécurité, aérospatial, e-commerce, etc), EBRC enclenche véritablement sa stratégie « Europe first » et continue sa marche vers le « one-stop-shop » lorsqu’il s’agit du management avec l’information sensible. Dans un marché digital européen qui s’ouvre, l’ambition est alors de promouvoir son savoir-faire à l’échelle du continent, en investissant physiquement dans des pays européens clefs.

 

Autre aspect qui tient à cœur à Yves Reding : le renforcement de son offre de cybersécurité. EBRC s’était largement investi dans l’exercice  » CyberEurope  » organisé par l’ENISA de mars à novembre 2016, et qui simulait une Cyber attaque massive sur le continent européen. Il s’agissait d’un exercice très réaliste, à l’échelle des 28 pays européens, pour le CERT – Computer Emergency Response Team d’EBRC. Par ailleurs, EBRC a complété son CERT avec un SOC – Security Operations Centre – pour l’ensemble du groupe POST. « Nous œuvrons déjà à une nouvelle opération de croissance externe, dans un futur proche, avec l’idée de se renforcer en France, pour son marché numérique dynamique, en Belgique avec Bruxelles et ses institutions européennes, et enfin en Suisse, pays dont l’état d’esprit est proche du Luxembourg, avec ses banques privées et institutions internationales notamment » précise le CEO d’EBRC, qui compte bien concrétiser la stratégie 2020 EBRC au plus tôt. « Nous avions annoncé 400 collaborateurs, un chiffre d’affaires multiplié par deux, 500 clients ainsi qu’un déploiement européen. Pied sur le gaz et avec de nombreuses barrières qui sautent, nous sommes très bien positionnés en Europe » ajoute-t-il. Dans un contexte de globalisation et de digitalisation, EBRC espère bien surfer sur la vague en s’appuyant sur son capital humain, l’expertise emmagasinée et les projets bâtis depuis maintenant 17 ans.