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Kicks, Sneakers, ou plus simplement Baskets dans les pays francophones. Simple effet de mode ou véritable élément différentiant et reflet de votre personnalité ? Les paires de sneakers ne sont aujourd’hui plus réservées aux marques de sport et aux sportifs. Au contraire, le marché continue de connaitre une croissance annuelle à deux chiffres, et des marques moins conventionnelles – voire même prestigieuses – veulent désormais intégrer ce marché de niche.

«Les sneakers définissent votre identité, elles en disent plus sur vous que vos habits, votre coiffure» confie d’ailleurs Rob Dyrdek, skateur professionnel et ambassadeur de la marque DC Shoes, avec qui il a déjà créé des dizaines de paires. Explications. Elles sont à la base de tout, on ne choisit pas sa paire de chaussure en fonction de son jean, mais bien l’inverse. Elles reflètent votre personnalité, montrent à tous ce que vous aimez. C’est impossible de se cacher derrière ses sneakers. Les marques l’ont bien compris, et les contrats pour les modèles signature fleurissent. Ce qui fait le succès de ces paires, c’est quelque part l’inconnu. Jamais on ne communique le nombre de paires qui sont disponibles. Pour éviter le deadstock, pas le choix : camper, ou se référer à la technologie…

 

Une histoire vieille de plus d’une décennie

C’est en 1917 que la Converse All-Star devient l’une des premières paires dédiées au basket-ball. Un certain Chuck Taylor maitrise le ballon orange, et selon la légende – et surtout ses dires –, joue pour les Buffalo Germans ou les New York Original Celtics, en portant ce modèle. Bien qu’aucune fiche de statistiques ou effectifs ne font état de Chuck, ce dernier rejoint la société Converse en 1921 comme commercial et apporte plusieurs modifications aux

All-Stars que l’on connait désormais également sous le nomde Chuck Taylors, ou Chucks. Les collaborations avec lesambassadeurs et autres marques sont nombreuses, et on soulignera le retour à la mi-février d’une collab’ Converse x COMME des GARÇONS PLAY. Un autre sportif de légende a contribué au développement des sneakers. Il s’agit de Jesse Owens dont nous connaissons tous l’engagement et le combat contre les nazis. L’américain, médaillé à quatre reprises aux Jeux Olympiques de Berlin, et notamment sur la distance reine de 100m, court avec des chaussures qui ont été produites par Adi Dassler… qui fondera Adidas AG en 1949 !

GOAT – Greatest Of All Time

18 Octobre 1985. Cette date ne vous dit peut-être rien, mais il s’agit de la genèse pour tout Sneaker Addict qui se respecte. Retour en arrière. Un certain Michael Jordan porte des chaussures signature produites spécialement par son équipementier Nike, mais selon le commissionnaire de NBA, David Stern, les couleurs (rouge et noir) ne respectent pas les standards de la ligue. Résultat ? Une amende de 5000 dollars à chaque sortie des Jordan I Bred, ou BANNED pour les afficionados, mais qu’importe. Nike surfe sur la vague, shoot un spot publicitaire, MJ est invité sur les plateaux télé. Plus de 30 ans après, en Octobre dernier, Nike a ressorti ce modèle de légende. Elles se sont vendues comme des petits pains. Depuis, le prix a explosé au resell. Deux ans plus tard, les Jordans ont droit à leur propre logo, le Jumpman, et chaque modèle ou colori a sa propre histoire, qu’il est bon de maitriser à chaque fois qu’on se décide à ce qu’elles frôlent le bitume. On doit le design de plus de 15 Jordans à Tinker Hatfield, sans doute l’une des figures les plus connues et respectées du monde des sneakers.

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Ambassadeurs, buzz & collaborations

Au milieu des années 80, dans la ville qui ne dort jamais, Run DMC, avec «My adidas» redonne un coup de jeune à la marque. Le 19 juillet 1986, le trio new-yorkais enflamme le Madison Square Garden. Plus de 40 000 fans enlèvent leurs adidas Superstars et brandissent leurs paires lorsque Run et DMC rappent : «My adidas and me, close as can be». La marque signera Run DMC pour ce qui est le premier «endorsement deal» de l’histoire du rap… Le rap et les sneakers font clairement bon ménage.

Une paire des Nike Dunk Wu-Tang Clan sorties à la fin des années 90 en 36 exemplaires (en référence au premier album du groupe new-york, Enter the Wu-Tang: 36 Chambers) s’arrache à près de $20 000.

A contrario, les fans de LeBron James brulent les paires du basketteur lorsqu’il annonce qu’il quitte son équipe de toujours, les Cleveland Cavaliers, pour retrouver ses copains sous le soleil de Miami… avant de revenir quelques saisons plus tard dans l’Ohio et d’offrir le premier titre de champions de l’histoire de la franchise. Lorsqu’il part à la retraite, les fans de Kobe Bryant ont la ferme intention de remettre la main sur les premières paires Adidas produites pour l’ancien joueur des Lakers. Elles sont affreuses, mais peu importe !

Plus récemment, c’est Adidas qui fait le buzz avec les modèles signature du génial Kanye West. Avec Nike pendant de nombreuses années, Yeezy a depuis rejoint l’équipementier allemand. L’an passé, les Yeezy Boost se sont arrachées comme des petits pains, et les nouveaux coloris, dont le «zebra», vont une nouvelle fois stimuler les sneakeraddicts. Selon Coco Chanel, «la mode passe, le style reste». C’est d’autant plus vrai pour les sneakers. Et les marques de luxe l’ont d’ailleurs bien compris. Non, Louis Vuitton ne vend plus que des mâles, Christian Louboutin se met à la basket, et (Yves) Saint-Laurent fait de même.

Les sneakers connaissent également une révolution digitale

Patienter des heures durant devant les Nike stores des capitales, chez Colette à Paris, ou planter sa tente devant Chapter World à Tokyo : les sneakerheadz ne reculent devant rien. On se souvient encore des émeutes causées par la sortie des Nike Dunk Low Pro SD Pigeon lors de laquelle les sneakerheadz n’avaient pas hésité à s’équiper de battes de baseball, couteaux ou même machettes selon Jeff Staple, le designer à l’origine de cette paire de Dunks démentielle, produite à 202 exemplaires.

Mais la technologie vient désormais à la rescousse des moins téméraires, et donne également sa chance à tout le monde. Depuis quelques années, on voit alors l’émergence des «sneaker bots». Le principe est simple, une tierce partie vous permet de vous connecter sur votre compte et d’avoir automatiquement – et en toute illégalité – la paire rêvée dans votre panier. Il ne reste plus qu’à valider votre panier, à deux ou trois détails prêts. Ces sites tiers ne garantissent pas à 100% que vous allez pouvoir porter les dernières Yeezy, mais se connecter de manière classique et valider sa commande est mission (quasi) impossible. Les marques veulent combattre ces pratiques et Nike a récemment changé le moyen de commander ses sneakers : la vente est ouverte à telle heure, vous entrez votre taille, payez, et n’êtes débités que si vous êtes tirés au sort.

De nombreuses market places ont été créées pour les fanatiques à la recherche de la perle rare. On pense notamment à Flight Club, Project Blitz, Klekt, ou encore The Holy Grail. Puis, les plus courageux continueront de faire confiance à la plateforme eBay qui regorge de fakes à la qualité douteuse et couleurs flashy.

En parallèle, et depuis quelques années, les conventions se multiplient dans le monde entier, et également au Grand- Duché, avec l’organisation de la Sneakermess à la Rockhal d’Esch-sur-Alzette. L’édition 2017 a eu lieu le 9 avril dernier, et collectionneurs, resellers et curieux ont pu s’en donner à coeur joie. Lors de l’édition 2016, plus de 6000 paires étaient disponibles et ont fait le bonheur de près de 2000 visiteurs. Puisqu’après tout, pour un vrai sneakerhead, rien ne vaut toucher le produit et sentir le cuir.