Young woman and man scientists looking at virtual media screen Young woman and man scientists looking at virtual media screen

Pour prédire, prévoir, personnaliser leurs méthodes et approches, et permettre à des patients de plus en plus informés de participer à leur santé, les médecins ont désormais l’appui de nombreuses sociétés, bien souvent issues du secteur technologique. Le Big Data, mais également l’Internet des Objets ou l’Intelligence Artificielle, transforment considérablement les processus de diagnostic d’une maladie, la manière dont on peut déceler les symptômes, et bien plus encore. Certains outils permettent également une approche plus personnalisée, tout en rendant le patient acteur de sa propre santé. A ces 4 P, dans un pays où l’agence eSanté profite déjà des initiatives de digitalisation lancées par le gouvernement. 

Personnalisée – un pléonasme ?

Pour le Dr. Hervé Chneiweiss, neurobiologiste, neurologue et directeur de la recherche au CNRS en France, il est impossible d’imaginer une médecine qui ne serait pas personnalisée. « Chaque rendez-vous, ou consultation, est un colloque singulier entre patient et médecine. Il s’agit toujours d’une démarche vis-à-vis d’un patient bien particulier, nous ne le perdons jamais de vue. Le diagnostic quant à lui est basé sur des preuves ». Pour d’autres, cette médecine personnalisée est un véritable changement de paradigme : on ne soigne pas une pathologie, mais bien une personne. Lors de la Présidence luxembourgeoise de l’UE avait notamment été organisée une conférence intitulée « Faire de l’accès à la médecine une réalité pour les patients » qui visait à jeter les bases d’une approche à long terme, centrée autour du patient, et intégrée. Lydia Mutsch, Ministre de la Santé et de l’Egalité des chances soulignait alors : « La médecine personnalisée se concentre sur le patient et l’innovation. Elle comporte un grand potentiel pour l’amélioration de la santé de beaucoup de patients et assure de meilleurs résultats au niveau de l’efficacité et de la transparence de nos systèmes de santé ».

Le développement du digital a également un rôle clé à jouer dans cette médecine personnalisée : les données que l’on peut récolter via différentes applications permettront une médecine de précision. Les praticiens – et les patients eux-mêmes – auront ainsi à leur disposition un véritable tableau de bord de santé.

Préventive – prévenir pour mieux guérir

Les bonnes habitudes de consommation, la pratique régulière d’un sport ou d’une activité physique sont depuis de nombreuses années des prescriptions préventives prodiguées par les médecins généralistes du fait de leur proximité avec les patients.

Pensons également aux vaccinations, partie intégrante de la médecine préventive, et aux campagnes de promotion et de communication autour de la santé, monnaie courante depuis maintenant plusieurs décennies, et tout particulièrement au Grand-Duché, avec un Ministère de la Santé très actif dans sa communication. Parmi les sujets traités : dépistage du cancer, saison de vaccinations, hygiène mais également tabagisme.

Prédictive – la collecte des données

Avec l’explosion de l’Internet des Objets, de nombreuses startups prennent la balle au rebond, en développant des applications permettant de calculer le rythme cardiaque, le nombre de kilomètres effectués, mais également de référencer les aliments présents dans votre frigo et donc vos habitudes de consommation afin de prédire si oui ou non vous êtes exposés à telle ou telle maladie. Ici aussi, on peut observer un changement qui bouscule le secteur médical : le médecin ne détient plus nécessairement le pouvoir de faire un diagnostic, en effet, celui-ci peut désormais incomber aux sociétés technologiques qui développent ces apps et collectent ces précieuses informations. D’où l’importance de s’entourer de partenaires de confiance. On notera l’importance du très prochain RGPD (Règlement Général de la Protection des Données), bientôt en application dans tous les pays de l’Union Européenne et renforçant considérablement les droits des résidents.

Participative – le rôle du médecin reste essentiel 

Avec son site automesure.com, le Dr. Nicolas Postel-Vinay, présent au Luxembourg en octobre 2015, lors de la deuxième édition du Luxembourg Healthcare Summit, est un des pionniers de l’e-Santé, et in fine, de la médecine participative. C’est en 1999 que le médecin à l’hôpital européen Georges Pompidou à Paris, également passionné de technologie, lance son propre site web permettant aux patients utilisateurs avec une tension artérielle élevée de mesurer celle-ci à domicile. « Les apps médicales se comptent désormais par milliers, mais attention tout de même à la déshumanisation de la médecine… » précise le Dr. Postel-Vinay.