vetements connectés

«Smart textiles», «e-broderie» et autres systèmes de capteurs sensoriels, après avoir investi l’économie, les médias ou encore la beauté, le digital s’installe dans nos dressings.

 

Indispensables pour innover et se développer, les technologies numériques apparaissent désormais comme un enjeu majeur pour le marché de la mode, entre stratégie marketing adaptée et créations innovantes.

Si les marques les plus connues commencent seulement à s’y intéresser, les petites nouvelles qui débarquent sur le marché n’hésitent ni à redoubler d’inventivité ni à faire preuve d’une imagination sans limite, certaines que le digital n’est pas une tendance parmi d’autres, mais bel et bien le futur de notre société. De fait, la mode connectée apparaît pour cette génération biberonnée aux Réseaux Sociaux et aux TIC, comme un secteur en plein essor, véritable terrain de jeu où tout est à inventer.

Pourtant, jusqu’à présent, lorsque l’on évoquait «technologie» et «mode» au sein d’une même phrase, la seule vision qui nous venait, était celle d’un vêtement de sport, équipé de capteurs capables de nous informer sur nos performances cardio. Certes pratique et indéniablement innovant, mais définitivement pas sexy. A l’heure des montres connectées et autres sneakers à LED, où en sont le digital et la mode ? Et si demain notre jean fétiche nous indiquait la météo, en plus de sublimer nos atouts ?

 

La mode et la technologie, une histoire qui dure

«La mode se renouvellera à travers la technologie, de nouvelles fibres, de nouvelles façons de fabriquer des vêtements. Sans prise de risques, on ne peut pas changer le monde ». Initié par Hussein Chalayan à l’aube du 21ème siècle, le vêtement intelligent et connecté, capable d’évoluer et de s’adapter à une situation ou un environnement, est la preuve que mode et technologie s’accordent décidément très bien. Car la romance ne date pas d’aujourd’hui. Dans les sixties, André Courrèges, Paco Rabanne et Pierre Cardin imaginaient déjà une mode futuriste et subversive, inspirée par la conquête de l’espace et la science-fiction. Ils glorifiaient les midinettes en mini-jupe avec leurs robes en vinyles, blousons en plexi et autres lunettes «Eskimo», et inventaient le Space Age.

 

Du MIT à la Fashion Week Haute-Couture

L’explosion du Web et l’essor du digital ont considérablement accéléré le phénomène FashionTech. A tel point que le célèbre Massachussetts Institute of Technology s’est doté, dans les années 1990, d’un département dédié aux textiles intelligents dirigé par Steve Mann. Le scientifique développa le concept du wearable computing, «comme l’action de porter un ordinateur sur soi». Plus pragmatiques, les créateurschercheurs ont appliqué l’idée en intégrant dans des matières souples et confortables, des composants électroniques. Robes munies d’écran vidéo et tailleurs cousus de fibres optiques, le Smart textile conjugue modernité et savoir-faire et offre une nouvelle gamme d’expression au service de la création.

Issue de la Central Saint Martins, de la Cambre ou passée par le Festival de Hyères, la nouvelle garde de jeunes créateurs est bien décidée à prendre d’assaut ce marché encore peu exploité, certaine de pouvoir y faire ses preuves. Maillots de bain aux tissus connectés anti-UV, foulards protégeant de la pollution et costumes anti-hacking, les startups 4BB2, WAIR et Dupuy de Lôme, conscientes des enjeux contemporains, développent et réinterprètent le vêtement du futur. Présentées par l’incubateur de startup HubMode et Fashion Tech Week Paris lors du salon du prêt-à-porter Who’s Next, ces collections s’inscrivent dans une volonté d’allier technologie et tendance pour une mode engagée et éthique.

Et si les startups redoublent d’inventivité, le secteur du luxe commence tout doucement à s’y intéresser lui aussi. Chanel, pour sa collection printemps-été 2017, a ainsi transformé la nef du Grand Palais en Chanel Data Center, à l’instar de ceux que l’on trouve chez Google et Apple. Entre les dédales de câbles multicolores, les mannequins-robots, bien nommés Chanel Bots arpentaient le runway, l’iconique sac matelassé de la marque paré de LED, au creux du coude – mécanique –. Un défilé un brin futuriste et des silhouettes oscillants entre Daft Punk et Wall-E, qui tenait davantage de la stratégie marketing que d’une réelle volonté d’innover. Pour autant, force est de reconnaître que Karl Lagerfeld a le mérite de mettre en lumière l’univers tech, trop longtemps cantonné à son imaginaire geek, dans le secteur de la Haute-Couture.

 

Google x Levi’s, la collab (pas si) improbable

Evidemment, puisqu’il s’agit de technologie digitale, rien de moins étonnant que de voir Google multiplier les collaborations avec des grands noms du textile. En partenariat avec Levis, le pure Player a imaginé la veste Jacquard. Equipée d’une connexion Bluetooth, elle permet d’interagir avec son Smartphone grâce à un système de fils électriques directement intégrés dans la toile en denim. Lavable, souple et légère, la veste devrait être commercialisée courant 2018. Et Google ne compte pas s’arrêter là, bien décidé à faire profiter le monde de la mode de ses avancées technologiques.

Autre griffe, autre idée. Relevant de la science-fiction pour certaines, du fantasme absolu pour d’autres, Google s’est associé à H&M pour concevoir une robe sur-mesure et unique au sein du projet «Coded Couture». La première maison de couture numérique, sorte de «fusion entre la créativité de la mode et l’innovation technologique». Basée sur l’exploitation de nos données personnelles, les contours, la matière et les lignes de notre Data Dress seront dessinés par les moindres détails de notre vie, récoltée grâce à un algorithme intelligent et un questionnaire ultra-précis disponible depuis l’appli. Pour notre part ; on a hâte de voir ce que le combo Mudam x soirées Rotondes x Gromperekichelcher peut donner.