industrie 4.0

L’Homme essaye d’améliorer son environnement afin de le rendre plus facile à vivre et l’arrivée des nouvelles technologies participe à cette amélioration grâce, entre autres, à l’automatisation des tâches. Mais elles apportent aussi leurs lots de points négatifs avec la crainte de voir le chômage et de facto, les inégalités augmenter. Comment fonctionnera l’industrie du futur ? Quels seront ses enjeux et ses perspectives ? Quels impacts aura-t-elle sur l’organisation des sociétés de demain ?

La numérisation des usines au coeur de la révolution 4.0

L’intelligence artificielle et le machine learning s’imposent de plus en plus au sein des entreprises. Elles permettent notamment de gérer l’ensemble des informations et des données qui émanent des organisations. L’IA est avant tout une technologie destinée à augmenter les compétences mais aussi les capacités humaines du cerveau. Cette technologie détruira certainement des emplois, mais le principe de destruction créatrice, si cher à l’économiste Joseph Schumpeter se validera car chaque nouvelle technologie apporte son lot de nouvelles activités. De plus, l’IA améliorera sensiblement la qualité du travail et des expertises, dans l’industrie, mais aussi dans un nombre incalculable d’autres domaines comme la médecine, l’enseignement ou encore le droit.

Le Big Data et le Cloud peuvent ainsi se mettre au service de la productivité, mais aussi du marketing en ciblant les consommateurs de façon précise. Les produits seront davantage personnalisés et beaucoup mieux adaptés à la demande. L’utilisation de l’impression en 3D reste l’un des exemples les plus pertinents. A terme, la numérisation des industries devrait finaliser la création d’un écosystème connecté entre chaque partie : conception du produit, machines… jusqu’à la distribution. L’internet des objets permettra notamment de contrôler les applications physiques via des systèmes et des processus entièrement virtuels. Etienne Schneider, le Ministre de l’Economie fait de l’industrie l’un des enjeux majeurs pour le développement de l’économie nationale. Les défis futurs et les investissements doivent être, selon lui, tournés vers l’industrie4.0. Sébastien Wiertz, General Manager chez Paul Wurth revient quant à lui sur l’InduTech : «l’automatisation de l’industrie et la robotique en fait partie. Il y a des postes dangereux dans l’industrie et nous voulons éviter tout accident et nous concentrer sur la sécurité notamment au niveau des lignes de production afin de les rendre plus intelligentes. Nous utilisons également le Big Data dans le secteur industriel. Pourquoi ? Pour élaborer des algorithmes et des modèles mathématiques qui permettent de mesurer la température dans les hauts-fourneaux par exemple. Le Big Data fait avancer le deep learning et la predictive maintenance».

Le développement durable et l’environnement

L’industrie du futur s’appuie également sur le développement durable et la prise de conscience liée à la préservation de l’environnement est déjà entamée depuis près de deux décennies. La numérisation de plusieurs secteurs industriels devrait d’abord permettre de diminuer de manière significative les émissions de CO2. La Global e-Sustainability Initiative (GeSI) a effectué des prévisions quant à l’impact du numérique sur l’environnement et cette étude démontre que les émissions mondiales de CO2 diminueront de 16% d’ici à 2020.La numérisation des activités économiques va impacter nos façons de consommer l’énergie nécessaire à la production. L’utilisation des données et des statistiques permettront notamment de gérer de façon précise et raisonnée les ressources de chaque secteur industriel, comme les matières premières et de produire en fonction de la demande. Une demande plus volatile, qui elle, peut fluctuer à certains moments de l’année.

Ce, afin d’éviter toute surproduction qui engendrerait des pertes d’argents mais aussi des coûts supplémentaires au niveau des stocks par exemple. Le data et le numérique permettent également de mieux contrôler les transports ou encore les flux de marchandises. Allier compétitivité, productivité et développement durable, voilà l’un des enjeux majeurs de l’industrie 4.0.

Un impact social et juridique

Pourtant, l’automatisation de l’industrie entraînera certainement une perte d’emplois, mais les emplois du futur sont encore plus ou moins inconnus à l’heure actuelle. Les robots, par exemple, remplaceront les postes les moins qualifiés. Pour les autres, le numérique change totalement les façons de travailler. A commencer par la flexibilité et le télétravail, déjà de vigueur au sein de certaines organisations avant-gardistes. L’industrie 4.0 oblige les entrepreneurs, les collaborateurs ainsi que les salariés à repenser leur organisation du travail. La numérisation des industries et des organisations bouleverse également le rapport au droit actuel du travail qui sera sans doute repensé à plus ou moins court terme. Certaines pratiques posent déjà question, comme celle vis-à-vis des chauffeurs VTC. Quid de l’uberisation de la société et du travail ? Pour l’instant aucun texte de loi n’encadre ces nouveaux types de contrats de travail. Des règles plus claires doivent également être établies concernant l’utilisation du numérique et notamment autour du Big Data. Les usages, les interdictions, les limites, ou encore les règles en termes de protection des données restent encore floues.

Vers de nouveaux modèles de financement ?

Ces bouleversements sociétaux impacteront l’économie et de nouveaux moyens de financement sont déjà à l’étude suite à l’apparition progressive du numérique et des technologies au sein des organisations. L’ancien patron de Microsoft, Bill Gates propose une vision différente. L’arrivée des robots et de l’automatisation des moyens de production, notamment au niveau des postes les moins qualifiés, entraînent une disparition de certains emplois, et donc une augmentation du chômage. Le trait est volontairement grossit mais les personnes sans emplois ne produisent aucune richesse et n’offrent aucune rentrée fiscale à l’Etat. Un Etat sans entrée d’argent est voué à la dérive. Bill Gates émet ainsi l’idée de taxer les robots qui remplacent les emplois humains. Certains penseurs et hommes politiques vont même plus loin et comptent sur cette taxation pour générer un revenu universel commun. Utopique, réaliste ou visionnaire ? L’industrie 4.0 n’a toujours pas fini de bouleverser nos sociétés et nos approches du travail.