Alors que le Grand-Duché de Luxembourg poursuit sa quête de l’espace avec l’initiative SpaceResources.lu et continue de s’entourer de sommités du secteur spatial issues des quatre coins de la Terre, le rêve de s’installer un jour sur la planète Mars anime encore de nombreux scientifiques, ingénieurs ou fanatiques de l’espace. Urban BEAST revient sur cette volonté de toujours, avec les derniers développements en la matière et des solutions qui ne paraissent plus si lointaines et farfelues…

 

Alors que la NASA a annoncé au début de mois d’octobre avoir découvert les vestiges d’une source hydrothermale dans l’hémisphère de la planète rouge – une grande mer dont la taille équivaut aux 9 plus grands lacs de la Terre –, les scientifiques peuvent désormais le confirmer : Mars a réuni les dispositions qui sont nécessaires à la présence de vie biologique sur son sol. François Forget, le directeur de la recherche au CNRS a également salué cette découverte : « C’est très intéressant, car cet environnement, riche en matériaux, est propice à l’apparition de la vie ». Avant même cette nouvelle accueillie positivement par toute la communauté, acteurs du secteur privé et public travaillaient déjà à l’arrivée future de colons sur la planète rouge…

 

Un challenge à relever pour les pionniers de l’espace

Elon Musk, qui est sur tous les fronts – qu’ils soient spatiaux ou sur quatre roues – affirmait l’an passé, qu’en 2024, plusieurs milliers de personnes vivraient sur Mars. Puis, quelques mois plus tard, en septembre dernier, le milliardaire canada-américano-africain du sud, dévoilait sa BFR – entendez par là, la « Big Fucking Rocket » – capable d’assurer tout type de mission, y compris jusqu’à la planète Mars. « L’objectif de SpaceX est de vous amener sur Mars et d’assurer l’infrastructure de base pour la production de propulseurs comme pour la survie sur la planète rouge. Si l’on devait faire une comparaison un peu exagérée, disons que nous essayons de construire l’équivalent de la National Transcontinental Railway qui est l’entreprise canadienne des chemins de fer. Une partie conséquente de l’industrie devra être construite sur Mars par d’autres entreprises et des millions de gens » ajoutait alors Elon Musk. Il projette d’organiser des vols habités, avec des dizaines de « colons » et d’importantes quantités de matériel et nourriture. Vraisemblable ? Pas totalement selon Jean-Yves Le Gall, le Directeur du CNES, qui croit plus dans les projets lancés par la NASA, dès l’an prochain avec la mission franco-américaine InSight, signifiant « Interior Exploration using Seismic Investigations, Geodesy and Heat Transport ».

Sans avancer des chiffres mirobolants comme ses concurrents du secteur privé, la NASA vise tout d’abord à analyser, avec le lancement au mois de mai prochain de son véhicule robotique spatial. Le but de cette mission ? Examiner la composition de la planète. InSight a justement fait le buzz ces dernières semaines et ce jusqu’au 1er novembre dernier : il était donné la possibilité, à vous comme à moi, de faire partie de cette mission martienne… en ayant simplement son nom et prénom gravés sur une micro puce placée à bord du vaisseau spatial qui va atterrir sur Mars. Avant la date limite, on pouvait déjà compter près de 1,8 million de noms. Dans ses différents projets qui lévitent autour de la planète Mars, la NASA s’entoure de partenaires tels que Boeing, leader du secteur aéronautique avec son concurrent européen Airbus, ou encore Lockheed Martin, première société mondiale de défense et de sécurité. C’est notamment le cas du véhicule spatial Orion dont la construction est assurée par le spécialiste américain de la défense. Boeing se charge quant à lui de la création, en collaboration avec le NASA Ames Research Center, du bouclier thermique. Il semblerait également que Boeing souhaite aller plus loin, avec sa propre vision de station spatiale proche de la Lune, nommée « Deep Space Gateway », et qui servirait de passerelle vers l’espace profond, avec en ligne de mire la planète Mars. « Cet habitat pourrait être construit en seulement quatre lancements et être prêt dès les années 2020. Il pourrait alors remplir des missions essentielles de la recherche scientifique et créer des opportunités de partenariat entre les gouvernements du monde entier et des entreprises privées pour l’exploration de l’espace profond » précisait d’ailleurs Peter McGrath, le Directeur des ventes et du marketing de Boeing.

Enfin, des sociétés se sont créés avec une seule et unique mission : envoyer une communauté humaine sur Mars. C’est le cas de Mars One, lancée en 2011 par Bas Lansdorp, et qui fait office de parfait exemple de la volonté de conquérir Mars… et de la démocratisation de l’espace. A ce jour, la compagnie n’a jamais envoyé de fusée ni même collaboré avec une agence spatiale, mais elle arrive de tout de même à séduire des experts du domaine.

Preuve en est, son comité consultatif composé de près d’une trentaine d’experts, notamment Dr. Mason Peck (ancien Chief Technologist de la NASA), Dennis Chamberland (aquanaute qui a participé à 7 mission de la NASA) et tout récemment l’explorateur britannique Adrian Hayes et Dr. Antonio Paris (Chief Scientist au Center for Planetary Science et professeur d’astronomie au St. Petersburg College en Floride). Mars One propose un concept simple et détonnant, lui permettant de s’affranchir de la principale difficulté posée par les explorations sur la planète Mars. L’entrepreneur et ingénieur néerlandais propose effectivement un aller simple, ce qui n’a pas l’air d’effrayer les candidats originaires de plus de 140 pays : ils sont plus de 200 000 à avoir postulé… pour 100 places disponibles uniquement. Un succès que peu aurait pu imaginer. Le challenge débutera avec les sessions de trainings et la sélection finale des astronautes qui composteront leur billet simple pour Mars.

Alors que les explorations martiennes ont débuté dès les années 1960 avec le lancement d’orbiteurs russes, suivi de près par Mariner 4 envoyé par les Etats-Unis et à qui nous devons les premières images de la planète rouge, les technologies, la démocratisation de l’espace, l’intérêt grandissant des entrepreneurs privés et les partenariats qu’ils nouent avec les agences spatiales nationales, font désormais entrevoir l’arrivée d’une communauté humaine sur Mars. Les prochaines années, et le lancement prévu en 2018 de plusieurs initiatives devraient permettre de prendre la température sur la faisabilité à moyen terme de cette quête vieille de près de 60 ans.