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A la tête d’un portefeuille évènementiel incomparable qui comprend aujourd’hui les principaux évènements luxembourgeois (conférences, expos, awards) dans 10 secteurs d’activités et des médias digitaux B2B exclusifs, l’agence Farvest se prépare à un tournant majeur. Près de 18 années d’information, d’émulation et de networking ont abouti à une base de près de 400.000 décideurs, une trentaine de marques et plus de 2.000 références client : des références prestigieuses qui s’étendent de l’IT au capital humain, de la finance au développement durable, la mobilité, l’agroalimentaire, la santé ou encore le spatial. Avec un credo : devancer les tendances, connecter des décideurs ciblés et promouvoir les entreprises et meilleures initiatives au Grand-Duché. Après une année 2017 exceptionnelle, le fondateur de la société, Fabien Amoretti, cède les commandes à Kamel Amroune, qui en 10 ans a fait de son écosystème tech (IT One et ICT Spring notamment) une véritable success story.

 

Comment appréhender ce changement, un timing particulier ?

Fabien Amoretti : On en parlait entre nous depuis quelques temps, et les planètes se sont alignées naturellement. Premièrement, il faut être collectivement prêts. Nous avons aujourd’hui une équipe jeune, engagée, mais aussi déjà très expérimentée. Depuis 18 mois, de vrais leaders émergent, auxquels il faut faire de la place pour qu’ils puissent jouir à leur tour d’une plus grande liberté de décision et donc d’innovation. On idolâtre Steve Jobs parce qu’il a dit qu’on devait recruter des gens meilleurs que nous-mêmes, pour qu’ils nous disent quoi faire et non l’inverse. Une fois qu’ils sont là, il faut rester cohérent.

Après, il faut une sérénité financière. Farvest vient de réaliser sa meilleure année depuis sa création en juin 2000, avec une croissance et une rentabilité toutes deux supérieures à 15%. Tous les voyants sont au vert, quand ils ne sont pas vert fluo.

Enfin, il y a le marché. Tous les quinze ou vingt ans le marché s’ouvre. Cela peut venir d’une rupture technologique, d’une prise de conscience collective, d’un cycle de croissance mondial (ré)amorcé. Si on regarde bien, les trois paramètres sont réunis aujourd’hui.

Et puis il y a Kamel, que j’estime meilleur que moi à son âge. C’est un entrepreneur dans l’âme, un compétiteur avec des valeurs, respecté des équipes et apprécié du marché. Il est de la génération suivante, très orienté tech : celle qui doit prendre le lead aujourd’hui, pas demain ou dans 5 ans. Il n’y a jamais de meilleure opportunité qu’un relais interne avec une forte légitimité, un projet éclairé et une réelle aspiration à piloter. J’ai porté l’agence jusqu’à un niveau dont je suis fier, grâce à une équipe exceptionnelle qui a une totale confiance en lui, tout comme moi. Aujourd’hui, je ne peux imaginer de meilleur contexte, ni de meilleur relais.

Kamel Amroune : La question du timing est intéressante et renvoie à ce que représente Farvest pour moi. Avant tout, je vois en Farvest une fantastique aventure humaine qui m’a permis de m’enrichir aux côtés de personnes brillantes, non seulement en son sein mais aussi auprès de tous nos clients et partenaires. Cependant, il y a toujours un moment dans la vie d’un homme où l’on se sait prêt à relever de nouveaux challenges.

Après 10 ans de carrière chez Farvest, c’est mon cas. Aux côtés de Fabien, j’ai beaucoup appris : il m’a permis de me développer tant sur le plan personnel que sur le plan professionnel et m’a toujours soutenu.

Aujourd’hui, ce passage de témoin est pour moi la reconnaissance du travail accompli durant toutes ces années et la possibilité de mettre en œuvre ma vision de l’avenir de Farvest et des écosystèmes sur lesquels nous opérons. Je finalise actuellement notre nouvelle roadmap et me ferai un plaisir de la partager avec vous d’ici quelques mois : une stratégie destinée à créer un nouvel élan pour notre activité, tout en préservant le bel héritage dont nous bénéficions.

Cela pourrait impliquer des changements au niveau capitalistique ?

FA : Il doit forcément en avoir pour que cela ait du sens. Nous travaillons sur un scenario capitalistique qui devrait changer la donne courant 2018. Dans l’absolu, je n’aurais aucun problème à devenir minoritaire ou collaborateur à l’avenir : j’adore cette boîte, cette équipe et j’y resterai probablement lié encore de nombreuses années. Il y a deux aspects : l’accession au capital d’un côté, l’entrée plausible d’un partenaire externe de l’autre.

KA : Pour mettre en place notre nouvelle stratégie, il nous faudra, d’une manière ou d’une autre, renforcer notre capital. Depuis plusieurs années, nous sommes régulièrement approchés par divers investisseurs. Mais pour nous, le point principal dans la sélection d’un futur investisseur est sa capacité à comprendre non seulement ce qu’est l‘essence de Farvest, mais aussi comment il peut appuyer notre nouvelle stratégie. En effet, la consolidation du secteur de la communication et de l’événementiel à l’échelle européenne est patente et la concurrence se fait de plus en plus agressive. Investir massivement dans les nouvelles technologies devient nécessaire pour mettre en œuvre notre nouvelle vision.

Cependant, avec Fabien, nous tenons beaucoup à conserver la culture d’entreprise que nous avons créée chez Farvest car nous pensons qu’elle constitue le principal asset de notre entreprise. En matière de capital, l’idée est d’équilibrer progressivement notre contribution et de faire entrer à terme un partenaire industriel pour accélérer le développement avec des synergies à la clé. Nous sommes relativement protégés pour le moment car bien positionnés sur des marchés de niche au Luxembourg, mais il nous faudra élargir notre horizon et saisir de nouvelles opportunités au-delà des frontières.

Quel effet cela fait-il respectivement de prendre ou de passer les commandes à un moment pareil ?

KA : J’aborde ce passage de témoin avec beaucoup de sérénité. Evidemment, je me mets un peu de pression supplémentaire sur les épaules mais cela est plutôt dû à ma nature de compétiteur et de toujours vouloir apporter une dimension supplémentaire. Donc le but sera d’optimiser l’existant tout en innovant. Jusqu’à présent, Fabien m’a toujours donné beaucoup de libertés pour créer et innover dans les domaines « Tech » et « Finance », les fleurons du groupe.  Je souhaite accentuer le développement de ces activités et rester toujours aussi proche de ces communautés. Mais aussi apporter un élan et des moyens supplémentaires aux huit autres que Farvest anime. Je pense en particulier aux Ressources Humaines (HR One), à la mobilité (Automotion), aux écosystèmes Marcom (Marketers) pour ne citer qu’eux : nous sommes très présents dans une dizaine de secteurs à forte croissance aujourd’hui.

FA : Cela stimule énormément. Lorsque que vous dirigez, vous êtes soumis à un nombre de contraintes qui font que votre agenda est pris à 80% par des tâches auxquelles vous ne pouvez pas échapper. Vous ne pouvez pas passer autant de temps que souhaité sur le terrain ou dans le labo. C’est là pourtant que réside la vérité et que les vibrations sont les plus fortes. Après avoir dirigé la stratégie et les opérations, je souhaite maintenant consacrer tout mon temps au terrain. Ce qui se passe dehors est passionnant : nous allons vivre une épopée où tech et humanité fusionnent, avec des challenges incroyablement décisifs dans tous les domaines de la vie personnelle comme professionnelle. Il faut être très mobilisés, et dans l’arène. Etre acteurs de tout cela.

Vous êtes assez différents en termes de profils, non ?

KA : Oui et non à la fois. De mon point de vue, la diversité est très importante lorsque l’on entreprend des projets d’envergure. Alors que Fabien est intuitif et fonceur j’avoue être beaucoup plus pragmatique : j’aime maîtriser tous les paramètres, m’appuyer sur des repères solides et partir vite en conquête. Cette différence entre nous est selon moi une grande source de créativité maîtrisée car elle nous permet de générer beaucoup d’idées et de mettre les meilleures en application rapidement. Le time to market est important : il faut être là le premier mais pas trop tôt.

Même si tout laisse à penser que nos profils sont très différents, nous sommes tous deux des entrepreneurs dans l’âme. Nous sommes des « créatifs » capables de supporter des charges de travail importantes avec des personnalités et des approches différentes. Cette force de travail peut s’expliquer par notre volonté de créer quelque chose de grand, quelque chose ayant un impact fort sur la société. On reste sur l’information voire l’évangélisation, l’émulation et le networking. En somme, nous partageons tous les deux des objectifs ambitieux pour Farvest et cela s’inscrit parfaitement dans l’esprit luxembourgeois qui consiste à innover en permanence pour devancer les difficultés à venir. Cette nation a toujours su se réinventer avec une intuition et une agilité uniques.

FA : Kamel a toujours été est un développeur que ce soit short, middle ou long term. Je suis davantage un marketeur mid-long term. Il a une connaissance très approfondie de l’écosystème technologique, alors que je suis un généraliste multi secteurs. Je suis peut-être plus rêveur, et lui plus pragmatique c’est vrai. Mais ça matche. Et si la complémentarité est patente, les synergies, elles, sont cosmiques. Nous avons toujours une histoire à nous raconter, des choses à s’apprendre ou à benchmarker. Chacun est le sparring partner idéal de l’autre. J’ai une montagne de légos, il a l’électronique. En combinant, 1+1=4.

Une roadmap personnelle ?

FA : Personnellement, hormis peut-être le spatial qui reste une passion, je vais avoir une année très centrée sur les sphères non-tech, en premier lieu le secteur RH. Ce qui va se passer autour et grâce au capital humain sera décisif. Il n’y a pas eu de situation comparable depuis 15 ans : ruptures technologiques matures, croissance économique, redistribution des cartes. Ce métier et les secteurs associés sont en pleine redéfinition : mobilité, digital skills, intelligence artificielle, blended workplaces, redéfinition de la culture d’entreprise, affirmation de la marque employeur, quête de sens aussi… On peut penser qu’en 2017, il y a la tech et le reste. Sauf que dans le reste, tout devient tech.   La transformation digitale se décline dans les non-techs en une multitude d’expériences et d’ajustements. Les secteurs ou fonctions classiques sont les nouveaux eldorados, en pleine mutation pour s’adapter à la nouvelle donne technologique. Des légos et de l’électronique, là aussi.

KA : On ne change pas si on ne change rien. Nous allons donc forcément modifier une partie de notre offre et de notre approche avec le marché ; mais, une fois de plus, il est important de préserver notre ADN et de consolider ce que nous avons construit, surtout après les succès de 2017. Le Luxembourg est un pays formidable, il est multiculturel et dispose d’atouts extraordinaires. Je pense que nous devons continuer à contribuer à son rayonnement international, et cela dans tous les secteurs où le Grand-Duché se démarque des autres pays européens. Ma roadmap personnelle sera donc principalement de continuer à faire ce que nous faisons le mieux au sein de Farvest, en diversifiant toutefois notre portefeuille de services et en gardant à l’esprit l’intérêt de nos équipes et celui de l’écosystème luxembourgeois. Comment ? En développant une collaboration plus étroite avec des partenaires locaux, internationaux et en se rapprochant encore plus de nos clients et du tissu institutionnel local. La croissance de Farvest dépend avant tout de l’excellence de son réseau – nous avons plus de 400.000 contacts locaux et internationaux – et de notre alignement avec les intérêts de nos partenaires publics et privés.