jack tattoo

Au Grand-Duché, près d’un quart des résidents a au moins un tatouage.
TNS Ilres révélait il y a peu, que ce pourcentage grimpait à 48% pour les
jeunes de moins de 25 ans. Pour décrypter l’évolution de cet art ainsi
que les tendances, Urban BEAST est parti à la rencontre de Jack Ribeiro.

 

Déjà plus de 20 ans que vous officiez dans la Grande-Région, comment avez-vous vu le tatouage évoluer au fil des années ?

En 20 ans, beaucoup de choses ont changé, pas toujours dans le bon sens, mais en globalité ces changements restent positifs. Selon moi, la partie la plus importante est la professionnalisation de cet art, qui avant, posait de vrais problèmes sanitaires.

Avec la médiatisation omniprésente du tatouage dans les programmes télévisés, dans le monde du sport et de la musique, nous pouvons constater une réelle démocratisation de la «peau personnalisée». Ces facteurs nous ont permis de travailler et de développer différents styles.

Aujourd’hui, les artistes tatoueurs modernes profitent du fruit de nos expériences dans les techniques de tatouages mais aussi de l’évolution du matériel. De nos jours, devenir tatoueur ou être tatoué, est à la mode et est devenu bien plus facile qu’auparavant. Cependant, cela engendre de nouveaux problèmes : le choix du modèle et de l’artiste se mélangent notamment.

En ce qui concerne les possibilités actuelles, nous n’avons jamais atteint un tel niveau de qualité et de diversité grâce à l’arrivée d’artistes issus des écoles d’arts.

 

Vous participez et organisez des conventions et rencontrez des artistes du monde entier. Qui est actuellement LE/LA tatoueur(se) que tout le monde s’arrache ? Quels sont vos artistes favoris ?

J’ai organisé avec mes proches une convention internationale de tatouage pour fêter mes 20 ans de carrière au Galaxie d’Amnéville.

Ce fut pour nous un grand moment de partage, nous avons réussi à réunir 130 tatoueurs du monde entier aux styles différents. Pendant plus de 13 ans j’ai écumé toutes les conventions historiques et j’ai vu grandir un grand nombre de tatoueurs ce qui me permet de dire qu’aujourd’hui, avec le développement des réseaux sociaux sur internet, il m’est impossible de citer le nom de l’artiste le plus populaire !

J’avoue que mes préférences vont vers les artistes fondateurs comme TINTIN, LEU, Paul Booth, Bob Tyrrell, Robert Hernandez, etc, qui sont à l’origine des grandes influences thématiques du tatouage. Les bases resteront.

 

Comment jugez-vous la scène luxembourgeoise ?

La scène luxembourgeoise est en perpétuel mouvement et, surtout, elle offre de plus en plus de possibilités. Les artistes sont arrivés des 4 coins du monde avec leurs savoir-faire ce qui nous offre un choix varié dans tous les styles. Je me spécialise dans le tatouage réaliste noir et gris et ma clientèle qu’elle soit nationale ou internationale me demande rarement d’autres tattoos. Les tatouages réalistes comportant des portraits restent extrêmement populaires au Luxembourg.

Depuis 2016, nous avons créé la Fédération des Tatoueurs luxembourgeois qui a pour rôle d’aider l’État à mieux encadrer cette profession et nous permettra d’améliorer les conditions de cette pratique.

 

Finalement, qu’est-ce que rend une séance unique chez Jack ?

Se faire tatouer est une expérience de vie assez particulière car on décide de personnaliser une partie de son corps avec un modèle de son choix. Il sera affiché au regard des autres et reflétera une vision de notre personnalité à un moment de vie. Alors, nous passons des heures ensemble ce qui engendre des discussions, des échanges de points vue, des histoires, pour en terminer sur le résultat final et unique qu’est le TATTOO.