Les expériences scientifiques à éviter

La science dans son ensemble a énormément contribué au développement de l’Homme dans plusieurs domaines. Que ce soit la technologie, la santé, les transports ou encore les outils du quotidien qui facilitent la vie de tous les jours. Qui dit sciences, dit aussi expériences scientifiques. Car si la science s’appuie d’abord sur des hypothèses, celles-ci doivent avant tout être testées et réalisées empiriquement pour les valider. Certaines se déroulent plutôt bien et ne causent pas de problèmes ni d’accidents et d’autres sont plus dangereuses mais bien contrôlées et encadrées par un protocole défini et des règles de sécurité adéquates. Il reste encore une autre catégorie : celle des expériences totalement folles et inconscientes qu’il faut à tout à prix éviter. Ou presque, car les savants – fous – suivants les ont tentées, avec plus ou moins de réussite.

 

Enfant, quasiment tout le monde a eu un jour envie de se lancer dans une expérience scientifique, de manier des tubes à essai ou de mélanger des liquides colorés. A cet âge les plus courageux ont sûrement déjà tenté le fameux mélange Mentos/Coca-Cola au risque de passer un mauvais quart d’heure avec ses parents après avoir souillé le salon ou la salle à manger avec ce cocktail plus ou moins explosif. Mais ces petits maniements physiques et chimiques restent évidemment sans danger, à part pour les vêtements ou la pièce dans laquelle ils sont réalisés. Les expériences qui vont suivre quant à elle sont purement dangereuses et déjantées. Le pire ?

Elles ont toutes été réalisées par des scientifiques (ou des inconscients selon le point de vue). Toujours au nom de la science, ou pas.

 

Une chaise pour se rendre sur la Lune

L’espace, les astres et la Lune ont toujours attiré l’Homme. La légende veut qu’un certain WAN HU eût été l’un des premiers astronautes de la planète. Il y a plusieurs siècles, en Chine, ce scientifique aurait eu l’idée d’attacher un bon nombre de fusées (47 au total) sous sa chaise, avec la ferme intention de se rendre sur la Lune. Le malheureux Wan Hu aurait explosé en plein vol, laissant, à la place, un nuage de fumée. Le mandarin n’a depuis jamais été revu. Il a quand même laissé son nom à un cratère sur la Lune. Un clin d’œil des astrophysiciens pour Wan Hu qui a donné sa vie pour la science. Plus récemment, Jamie Hyneman et Adam Savage, de l’émission américano-australienne MythBusters ont retenté l’expérience. Par chance, personne n’était installé sur la chaise, car comme l’expérience chinoise, celle-ci est partie en fumée. Heureusement, l’Homme a depuis eu la bonne idée d’inventer la fusée, beaucoup plus sûre.

 

Boire un verre de bactéries

Quand un scientifique convaincu est persuadé que sa théorie est vraie et juste, il est prêt à tout pour la démontrer, jusqu’à mettre sa propre vie en danger. C’est le cas de l’australien Barry Marshall qui a effectué des recherches sur les ulcères à l’estomac. Il pensait que cette maladie avait pour seule cause les bactéries. Dans les années 1970 et 1980 une telle hypothèse était considérée comme une hérésie par ses pairs. Alors, à 33 ans, en 1984, le jeune médecin a décidé de prendre les devants et de boire une solution bourrée de la bactérie baptisée « Helicobacter pylori », celle qui cause les ulcères. Et Barry Marshall a réussi son coup, il était bel et bien malade quelques heures après. Tout est prouvé mais les honneurs se font attendre. Ce sacrifice a quand même permis d’aider des millions de personnes touchées par les ulcères à l’estomac. Ce n’est qu’en 2005 que BARRY MARSHALL et son acolyte J. ROBIN WARREN ont été récompensés pour cette découverte d’un Prix Nobel de physiologie et de médecine.

 

Une digestion à toute épreuve

Certains utilisent le charbon pour leurs barbecues ou pour faire fonctionner leurs industries, d’autres utilisent l’or pour s’enrichir et embellir certains objets. Frederick Hoelzel, quant à lui, préfère les manger. Du verre, du sable, de la craie ou encore de la laine, le scientifique s’est régalé avec un nombre incalculable de matières non-comestibles. En fait, l’homme souffrait de nombreux troubles digestifs avec chaque aliment qu’il ingurgitait et pour combler sa faim, il a tout essayé jusqu’à manger des choses inconcevables. Finalement, il a mis ses talents au service de la science au début du siècle dernier afin de tenter plusieurs expériences sur la digestion. Très maigre, FREDERICK HOELZEL n’a semble-t-il pas souffert de ses ingurgitations bizarres, il a même vécu jusqu’à 73 ans. Et puis, grâce à lui, on sait aussi que digérer une ficelle dure environ 1h30 et que 22 jours sont nécessaires pour les pépites d’or. Toujours bon à savoir si l’on a une petite faim passagère.

 

Evan O’Neill Kane, l’auto-chirurgien

L’hôpital n’est pas l’endroit le plus joyeux sur terre et EVAN O’NEILL KANE a ainsi décidé de s’auto-opérer de l’appendice. Ce chirurgien connaît son métier mais il voulait savoir si une simple anesthésie locale pouvait suffire pour une chirurgie abdominale. Un jour, le médecin de Pennsylvanie devait se faire enlever l’appendice et il a sauté sur l’occasion pour mettre en application son hypothèse. A l’aide d’un miroir et de quelques injections anesthésiques dans son abdomen, Evan O’Neill Kane a commencé l’inimaginable. Au bout de trente minutes et après avoir replacé sereinement ses intestins qui ont décidé de se faire la malle plusieurs fois pendant l’opération, le chirurgien s’est recousu, comme si rien de particulier ne s’était passé.

 

L’Homme le plus rapide du monde

JOHN PAUL STAPP, colonel de l’US Air Force, a étudié l’effet de l’accélération et de la décélération sur le corps humain, notamment dans le but d’améliorer l’aéronautique après la seconde guerre mondiale. Les experts de l’époque estimaient que la pression maximale qu’une personne pouvait supporter était de 18 G. Mais M. Stapp, également docteur en biophysique, a réussi à monter jusqu’à 46,2 G en décembre 1954. Comment ? Grâce à un traineau placé sur une voie ferrée surnommé Gee Whiz… capable d’atteindre une vitesse de 1200km/h et de freiner quasi instantanément. Après plusieurs tests et plusieurs blessures John Paul Stapp est encore détenteur du record : 1017km/h, sachant qu’il n’a fallu qu’une petite seconde et demie pour atteindre cette vitesse. Au moment du freinage, le choc était tellement violent que le scientifique est resté aveugle un certain temps et garda, à vie, des problèmes de vues.

 

Stubbins Ffirth, le fin gourmet

En 1793 la ville de Philadelphie, aux Etats-Unis, a connu une épidémie de fièvre jaune qui fît près de 5.000 victimes. A l’époque, les médecins pensaient tout simplement que cette maladie était contagieuse. Un seul docteur, STUBBINS FFIRTH, martelait que la fièvre jaune était causée par le climat estival. Pour prouver ses dires, le jeune médecin a utilisé le vomi des patients infectés après avoir effectué une batterie de tests à l’aide de sang, d’urine ou de salive qui n’ont tous rien donné. Inhalation des vapeurs, injection dans les bras… Rien n’y fait, il n’était toujours pas malade. Le test ultime ? Boire le vomi. Dégoutant, mais il a réussi à prouver que la fièvre jaune n’avait pas de caractère contagieux car il était toujours en bonne santé malgré la mixture infectée.

En réalité, cette fièvre était transmise par les moustiques.

 

Les sensations de pendaison de Nicolae Minovici

Au début du XXème siècle, un scientifique roumain, NICOLAE MINOVICI s’est intéressé de près à la pendaison ainsi qu’aux effets provoqués d’une mort par pendaison. De l’autoasphyxie à l’utilisation des nœuds coulants ou desserrés, il a tout essayé. Tout ou presque, car l’étape ultime consistait à une pendaison en bonne et due forme. Comme un condamné à mort, ses assistants lui serrèrent le nœud coulant autour de sa gorge avant de tirer la corde. L’expérience n’a pas duré longtemps et au bout de quelques secondes, Nicolae Minovici demande d’arrêter, ne supportant pas la douleur. Au final, le Professeur eut plusieurs ecchymoses et des difficultés pour déglutir.