Les préoccupations environnementales et sociétales, mêlées aux nouvelles technologies sont désormais les fondements et nouveaux standards de tout projet architectural. Les matériaux utilisés varient donc avec les exigences des propriétaires, l’inventivité et la création des architectes, mais également avec les demandes des gouvernements et ministères qui souhaitent voir apparaitre un nombre croissant de bâtiments durables dans leurs pays. Bonne nouvelle, le Luxembourg fait figure de pionnier dans le domaine.

 

De nouvelles tendances émergent, entre pure innovation et inspiration régionale

Cela fait plus d’une dizaine d’années que les maisons flottantes sont monnaie courante, notamment aux Pays-Bas et plus particulièrement à Amsterdam. Le phénomène s’étend également à Dubaï, où les milliardaires s’arrachent désormais des villas flottantes de luxe, sur trois étages, qui devraient être habitables dès la fin de l’année 2016. Le prix de ces maisons immergées ? 2,8 millions de dollars.

L’avènement de l’impression 3D change également la donne pour les architectes. Dans un premier temps, il permet de se représenter facilement dans l’espace avec la création de maquettes, mais l’intérêt est bien plus grand. C’est notamment le pari qu’ont fait les investisseurs du Lewis Grand Hotel en confiant la construction du bâtiment de 135 m² à l’entrepreneur Andrey Rudenko. Ce dernier, ingénieur et architecte, s’intéresse à l’impression 3D depuis de nombreuses années et est également à l’origine de la construction, avec une imprimante 3D, d’un château dans l’état du Minnesota aux Etats-Unis. La Chine s’y penche également depuis de longs mois, et c’est en avril 2014 que la société Shanghai WinSun Decoration Engineering Co a produit des maisons de 200 m² en un jour, et ce pour la somme de 30.000 yuans, soit moins de 4.000 euros. De plus, ces structures sont bien plus économiques et durables qu’une maison classique : le béton est composé d’une base de ciment et de fibre de verre, issus de déchets de construction. Passée à la vitesse supérieure, la société chinoise a depuis bâti un immeuble de 4 étages, le tout en recyclant entre 30 et 60% des déchets de l’industrie de la construction.

Citons également le Centre Pompidou-Metz, qui se situe à quelques 60 kilomètres de Luxembourg, qui a également su innover grâce à ses architectes Shigeru Ban et Jean de Gastines. En 2010, ils ont en effet opté pour une matière qui fait la singularité de l’antenne régionale de «Beaubourg» qui se situe dans la capitale de la Lorraine : une structure de bois recouverte d’une toile protectrice, membrane à base de fibre de verre et de téflon. Toujours à Metz, et dans ce même quartier de l’Amphithéâtre, on construit actuellement le futur Centre des Congrès «Robert Schuman», qui sera une fois terminé, habillé d’une résille en pierres de Jaumont. Bien connue des Lorrains, ce type de matériaux rappelle ainsi le jaune ocre de la Cathédrale Saint-Etienne, et rend hommage au patrimoine de la ville. Les tendances s’inspirent nécessairement de l’environnement local, comme le confirme également le projet d’Hôtel Starck dans la capitale mosellane qui devrait être surmonté d’une maison de style du XIXème siècle, copie presque conforme des hôtels particuliers qui bordent l’avenue Foch à Metz…

 

Efficience énergétique, et des espaces de travail modernes et connectés

Au Luxembourg, et plus particulièrement au Ban de Gasperich, il est un bâtiment qui se veut particulièrement novateur, tant par les technologies qu’il emploie et les matériaux qui ont été utilisés. Il s’agit du Crystal Park, nouveau siège du cabinet de services professionnels PwC Luxembourg. Une double peau de verre et de bois permet de réguler les échanges thermiques et réduire la consommation due à l’éclairage en profitant de la lumière naturelle. Il est le fruit de l’imagination des experts du cabinet d’architecte P.ARC – Partnership for Architecture, Schemel Wirtz Architectes, Itten + Brechbühl. Véritable pôle économique en développement, le Ban de Gasperich accueillera, à terme, 100 000 m² de commerces, 490 000 m² de bureaux pour 20 000 emplois, mais également 100 000 m² d’espaces résidentiels. Un centre de vie dynamique et résolument tourné vers l’avenir.

Son concurrent KPMG a lui aussi opté pour un matériau spectaculaire, qu’il aborde fièrement sur sa façade que l’on ne peut ignorer lorsqu’on circule le long de l’Avenue Kennedy au Kirchberg. C’est en effet pour le Corten qu’a opté l’architecte François Valentiny, un acier à corrosion superficielle forcée qui connait un engouement certain notamment pour l’aspect esthétique de sa patine brute très tendance, et qui lui a été inspiré par la présence de la Gëlle Fra à Shanghai durant 6 mois dans le cadre de l’exposition universelle.

L’Ecoparc Windhof représente également le futur de l’espace de travail et combine sources d’énergie propres via, notamment, ses milliers de m² de panneaux photovoltaïques, ses nombreuses solutions de mobilité, dont celles proposées par le leaser Athlon Luxembourg qui a déposé ses valises dans la zone, mais également des infrastructures ICT faisant de l’immeuble Solarwind un des pionniers des Smart Buildings en Europe. De plus, Ecoparc Windhof GIE est impliqué dans l’application de la démarche C2C avec le LIST et le Ministère du Développement Durable et des Infrastructures, et préfigure ainsi le futur de l’architecture des locaux professionnels au Luxembourg. C’est également le cas du Neobuild Innovation Center, premier Pôle d’Innovation technologique luxembourgeois en matière de construction durable, rattaché au groupe CDEC, Conseil pour le développement économique de la construction, piloté par Bruno Renders. Le pays se positionne alors comme leader incontestable, remportant 3 des 8 prix décernés lors de la COP21 en décembre dernier et récompensant les meilleures solutions en matière de Green Building. Le dernier prix, est revenu au supermarché bio Naturata, également situé à Windhof, pour son bâtiment à 99% écologique qui n’utilise que des matériaux naturels et réutilisables, comme le confirme l’architecte en charge du  projet, Stephan Hain : «les plus grandes caractéristiques résident dans la simplicité de sa construction avec une assise béton, des murs et toit en bois. Nous avons décidé de faire un bâtiment aussi naturel que possible». C’est la raison pour laquelle beaucoup de bois, élément naturel par excellence, a été utilisé pour la conception du supermarché bio luxembourgeois.

Si d’un côté les techniques simples et les matériaux dits classiques permettent toujours encore de produire de nouvelles constructions, à la fois écologiques et durables, ce sont bien les innovations telles que l’impression 3D qui font évoluer un secteur toujours en quête de nouveautés, comme le prouvent les designs novateurs des constructions luxembourgeoises.