L’inversion de la priorité de genre dans le questionnement n’est pas fortuite. Mais si la diversité, l’égalité des chances sont des sujets essentiels, ils ne sont pas les seuls paramètres. Reconnaître un management soucieux de votre bonheur autant que de votre performance est difficile, et vous savez que le choix de votre prochaine entreprise et de votre prochaine équipe influera considérablement sur votre bonheur au travail comme en dehors. Fort heureusement, les talents recommencent à manquer. Les entreprises veulent vous attirer et surtout, vous garder, car vous recruter coûte cher en temps, en annonces et encore plus… en cas d’échec. Vous séduire est simple, vous rendre heureux(se) moins mais rassurez-vous, cela devient une réelle priorité.

Des entreprises de plus en plus introspectives

De ce fait, le nombre d’entreprises luxembourgeoises désireuses de mesurer leur climat interne explose. La population d’employés sondés sur leur bien-être au travail à la demande de leurs dirigeant(e)s, a été multiplié par cinq entre 2014 et 2015 au Luxembourg. Plus qu’une tendance, un déclic.

Le Great Place to Work Institute®, qui délivre le seul label principalement basé sur l’avis des employés et non seulement sur les déclarations de pratiques managériales (ce serait trop facile), y voit une réelle tendance au Grand-Duché. Les entreprises y ayant recours font le choix d’une démarche courageuse, sincère mais aussi sans concession – un millier de statistiques issues de ces sondages internes (et anonymes) leur permet de piloter votre bonheur – donc leur politique employeur. Et peut-être de décrocher un jour le fameux label.

Récemment, une dizaine d’entreprises ont été labellisées pour l’année en cours, avec des points forts sur 5 dimensions : respect, crédibilité, équité, fierté (d’appartenance) et convivialité. On y retrouve des employeurs du secteur financier (ATOZ, Aviva Investors, ING), des technologies (CTG, EBRC, InTech, Orange, Worldline) mais aussi Adecco Group, le cabinet d’architectes Steinmetzdemeyer et le surprenant Coplaning.

Des bonnes pratiques qui se multiplient

Les entreprises luxembourgeoises vous veulent du bien, et passent à l’acte. ING a créé Le Ring, une association interne regroupant 270 employés et stagiaires de moins de 36 ans. Pour les inclure dans la destinée de l’entreprise, challenger sa stratégie, mais aussi brainstormer et voyager, à raison d’une vingtaine d’évènements par an. Chez ATOZ, pour soutenir un proche d’un collaborateur, l’entreprise a proposé de récolter des fonds pour l’association ELA. Pendant une journée, chaque employé était équipé d’un podomètre et chaque pas rapportait 1 centime à la cagnotte. Alors, pour la faire gonfler, les employés d’ATOZ ont pris l’initiative…d’aller faire un footing entre collègues pendant la pause de lunch. Car la générosité collective est un levier incroyable en terme de convivialité et de fierté d’appartenance, mais qu’elle est aussi la marque d’une réelle humanité.

Et… des managers en charge du bonheur

Le métier de Chief Hapiness Officer se développe. Coplaning dispose plus précisément d’un Chief Of Heartiness : une personne au sein de l’entreprise dédiée à veiller sur les employés par de petites attentions. Elle apporte du thé chaud pour les ouvriers sur les chantiers à 7h00, accueille les personnes qui travaillent au bureau à 9h00, appelle le jour de leur anniversaire ou pour avoir des nouvelles de leurs enfants lorsqu’ils sont malades et fait livrer des fleurs pour des occasions spéciales. La société a récemment recruté une personne handicapée, mais aussi fait construire un fauteuil roulant sur mesure, fonctionnant à l’énergie solaire, pour que cette personne soit capable de tout faire de manière autonome, sans avoir à sortir de son fauteuil.

Un exemple parmi de très nombreux autres, et des attentions individuelles qui en font une entreprise à part.

A vous de jouer pour en profiter

Ces entreprises sont plus demandées que d’autres. En un mot, elles reçoivent plus de candidatures. A vous de les mériter en retour : votre profil, votre attitude se travaillent. Car les employeurs savent que pour garder des talents, bien les sélectionner au départ est essentiel.

Votre civilité est de plus en plus scannée (sur les réseaux sociaux notamment), l’avis de vos anciens employeurs ou équipiers également. Une fois à l’intérieur, n’oubliez pas que vous avez une grande responsabilité dans le climat interne ou si vous préférez, dans le bonheur collectif. Abdu Gnaba, anthropologue et sociologue est formel : «Le travail n’est pas une valeur en soi, il doit avoir un sens». Intervenant lors de la 6ème édition de la conférence Great Place to Work Luxembourg, le fondateur de Sociolab a insisté sur l’impossibilité de s’accomplir tout seul, d’où l’importance de créer une «Great Place to Work Together», car «être bien, c’est être avec les autres». Et de citer les résultats d’une étude menée par Harvard, sur une période de 70 années, qui confirme que les gens les plus heureux sont bien ceux qui ont eu les meilleures relations sociales et professionnelles. Votre responsabilité dans le climat interne et la destinée commune est aussi importante que celle de votre patron(ne) : à vous de jouer.