Le 3 février 2016, le Luxembourg dévoilait ses ambitions spatiales. A travers l’initiative SpaceResources.lu, ouverte à des collaborations européennes et américaines, le Grand-Duché se positionne désormais comme le pionnier mondial d’une nouvelle industrie. Entreprise à la croisée des mondes du Big Data, de l’ICT et de l’exploitation économique de l’espace, EarthLab Luxembourg développe des solutions et des services dans le domaine de la prévention et à la gestion des risques industriels et naturels, avec le soutien actif du gouvernement luxembourgeois, du Groupe POST, d’EBRC et d’InTech.

 

Dans le secteur de la géo-information, les capacités technologiques développées par les industriels sont, pour l’essentiel, commercialisées auprès de clients institutionnels. Partant de ce constat, Telespazio, acteur majeur dans le domaine de l’observation de la Terre et des opérations de systèmes satellitaires, a choisi d’adopter une démarche différente pour aborder d’autres agents économiques.

 

Cette nouvelle approche, qui se nourrit des exigences du client, est à l’origine de la création de la Galaxie EarthLab par Telespazio France, un cluster de géo-information aux ambitions mondiales, associant centres de recherches et unités de services opérationnels.

 

EarthLab Aquitaine voit ainsi le jour en 2013, à Bordeaux, avec pour objectif la surveillance de la forêt landaise, de la côte aquitaine et, bien sûr, du vignoble bordelais. Un an plus tard, Telespazio crée EarthLab Gabon. Le nouveau centre de surveillance de l’environnement est chargé de l’observation de la forêt tropicale, précieuse pour l’économie gabonaise, et de la surveillance du golfe de Guinée face aux dangers que constituent la pollution, l’exploitation du pétrole, la pêche illégale et la piraterie.

 

Le Luxembourg, un tissu socio-économique idéal

A la recherche d’un nouveau partenaire étatique pour développer les activités d’EarthLab à l’échelle européenne, Telespazio est séduit par le fort intérêt que manifeste le Luxembourg envers les entreprises qui opèrent dans le secteur de l’observation de la Terre: en juin 2015, EarthLab Luxembourg est créée avec le soutien du gouvernement. POST Luxembourg prend une participation dans le capital de la start-up et la jeune société met en place des partenariats avec différentes sociétés du Groupe POST, dont EBRC et InTech.

 

«Nous avons immédiatement bénéficié de la confiance de l’ensemble des acteurs luxembourgeois», se souvient Florian Karner. «Au Luxembourg, nous avons trouvé un tissu socio-économique idéal: des spécialistes ICT de très haut niveau, un protagoniste historique de l’industrie spatiale européenne, un fort soutien gouvernemental et des centres de recherches à la pointe des technologies – nous sommes ainsi en train de conclure un partenariat avec le Luxembourg Institute of Science and Technology. Qui plus est, le pays accueille la plupart des grands acteurs du monde de l’assurance.»

 

«EarthLab Luxembourg a choisi de concentrer ses efforts sur deux objectifs», explique le directeur de la startup. Le premier relève des risques environnementaux: inondations, orages, tremblements de terre, grêle ou encore pollution. Le second est celui du risque industriel, que ce risque menace un site industriel ou en émane. «En ce moment, nos interlocuteurs sont de grands groupes de l’assurance et de l’industrie, à l’échelle européenne. Mais nous n’excluons pas d’étendre nos activités au niveau mondial dans un stade ultérieur de notre développement», souligne-t-il.

 

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Un nouveau paradigme

«EarthLab ne vend pas d’images», insiste Florian Karner: la start-up crée de la valeur en jouant le rôle d’intégrateur de données structurées (c’est le cas des images) et non-structurées (comme les informations provenant des réseaux sociaux). «Nous partons des besoins de nos partenaires et nous remontons à une solution qui relève de l’observation de la Terre, mais pas obligatoirement: il peut aussi s’agir d’informations provenant de sondes de température, de mesures de la qualité de l’air ou de l’eau, de prévisions météo, tout cela étant intégré pour créer des produits sur-mesure pour les clients d’EarthLab Luxembourg», précise le General Manager de la société.

 

«Notre approche consiste à créer le service dont le client a besoin, quelle que soit la source qui a servi à créer ce service», intervient Benjamin Hourte, Chief Technology Officer d’EarthLab Luxembourg. «Notre objectif est d’intégrer un maximum de données pour en augmenter la pertinence. C’est pour cette raison que nous avons dû adopter un nouveau paradigme: les données dont nous parlons ont pour caractéristiques de présenter une très grande vélocité et d’être extrêmement volumineuses. Elles possèdent une dimension spatiale – le réseau Sentinel de l’Agence Spatiale Européenne génère ainsi annuellement 9 pétaoctets de données – mais aussi temporelle, comme dans le cas de la surveillance de l’évolution du bassin d’un cours d’eau ou de l’étude de dommages qui ont eu lieu dans le passé.»

 

Pour résoudre les défis imposés par la volumétrie et la vélocité des données, EarthLab Luxembourg a dû se doter de nouvelles bases technologiques qui permettent de rester flexible tout en étant capable d’intégrer de nouveaux services. «Nous utilisons des technologies qui ont été développées par Twitter, LinkedIn, ou Airbnb», nous apprend le CTO.

 

«Nous avons investi dans une infrastructure technologique hébergée chez EBRC», ajoute Florian Karner, «une société que nous avons choisie pour la qualité de ses services, pour la résilience et la sécurité uniques en Europe qu’elle garantit à ses clients: nos interlocuteurs sont des groupes industriels et d’assurance dont les données sont des avoirs très sensibles.»

 

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«Parler la langue du risque»

EarthLab s’apprête à lancer un premier produit destiné au secteur de l’assurance. Cette solution, basée sur la géo-information, sera d’ici peu testée par douze des plus grandes entreprises d’assurance, de réassurance et de courtage en Europe, période à l’issue de laquelle la start-up procédera au démarrage de la phase de commercialisation de sa solution. «Voilà pourquoi Telespazio a choisi pour EarthLab Luxembourg un directeur général qui vient du secteur de l’assurance: je parle la langue du risque qui est celle de nos interlocuteurs, industriels et assureurs», explique Florian Karner.

 

La société planche aussi activement sur la gestion du risque industriel. Dans ce domaine, un produit devrait être mis sur le marché dans le courant de l’année 2016 encore. «En ce moment, nous sommes en train d’évaluer les besoins de nos partenaires afin de leur proposer des solutions. Nous nous adressons ici aux exploitants industriels mais aussi aux grands groupes d’assurance», expose Benjamin Hourte. «Notre objectif est de fournir à nos clients des informations pertinentes, au bon moment et avec un haut niveau de qualité. A terme, nous entendons couvrir aussi bien la prévision d’un événement, que son déroulement et ses conséquences.»