Au Luxembourg, peut-être plus qu’ailleurs, les produits bio sont tendances et également récompensés par le Ministère de l’Agriculture depuis maintenant 8 années avec la cérémonie du Bio-Agrar-Präis. On recense aujourd’hui près de 120 exploitants agricoles biologiques au Grand-Duché pour une superficie d’exploitation de plus de 4200 hectares… qui ne suffisent cependant pas à satisfaire la demande élevée des résidents luxembourgeois. A titre d’exemple, seule 40% de la demande d’œufs bio est satisfaite au Grand-Duché. Qui sont les principaux acteurs de cet écosystème bio et quelles sont les principales initiatives mises en place au Luxembourg ?

 

Le bio plébiscité au Grand-Duché

Selon un sondage réalisé par TNS Ilres, 66% des répondants – un échantillon représentatif de la population luxembourgeoise – achètent et consomment des produits biologiques, et 79% des produits régionaux, montrant le fort ancrage des luxembourgeois dans leur production locale. Côté européen, le label biologique garantit un processus de production qui respecte la nature, des produits élaborés de manière durable, aucun OGM, des animaux élevés en plein air et bien traités, etc. Ce sont ces différents éléments, en plus des contrôles et inspections, et l’utilisation de circuits courts qui convainquent un nombre croissant d’acheteurs de consommer biologique.

Plusieurs labels sont apparus ces dernières années, ventant les produits (et services) locaux tels que Made in Luxembourg, mais également le commerce équitable avec Fairtrade Letzebuerg ou encore les produits bio avec Bio-Lëtzebuerg – Vereenegung fir Bio-Landwirtschaft Lëtzebuerg A.S.B.L. (Association pour l’agriculture bio Luxembourg). Ce dernier existe depuis 2012, et il est le résultat d’une fusion des deux anciens labels Demeter et Bio-Label.

On peut également remonter jusqu’en 1988 avec la création de la coopérative agricole BIOG, qui regroupe fermiers, horticulteurs, viticulteurs et maraîchers luxembourgeois. Afin d’assurer une qualité optimale de leurs produits, ils renoncent notamment aux engrais minéraux rapidement solubles ainsi qu’aux pesticides nocifs. Ils refusent également la manipulation de la vie par les techniques génétiques qui nuiront, à terme, à la nature et à l’homme.

Avec BIOGROS, fournisseur de produits bio et biodynamiques aux détaillants d’aliments naturels et NATURATA, spécialiste du commerce de détail biologique, ils forment désormais le groupe OIKOPOLIS, qui assure la totalité de la chaîne de valeurs ajoutées, des producteurs aux Consommateurs.

 

De nouvelles initiatives européennes et locales

Malgré cet engouement et une superficie consacrée aux cultures biologiques qui a doublé en Europe entre 2002 et 2014, il est important de souligner l’absence d’une législation commune sur le vieux continent. Finalement, «l’Europe du bio» n’en est qu’à ses balbutiements. Le biologique entre notamment dans le cadre d’Horizon 2020, le plus grand programme de recherche et d’innovation jamais entrepris par l’UE. Si de nouvelles règlementations sont constamment en discussion à Bruxelles, l’UE propose déjà des programmes volontaires permettant aux écoles de s’approvisionner en produits biologiques, notamment avec les programmes «Fruits et légumes aux écoles» et «Lait aux écoles». Eduquer les jeunes générations est également un enjeu majeur pour l’UE : les écoles bénéficiant de ces programmes intègrent alors le bio dans les thématiques enseignées. Au Grand-Duché, l’eurodéputé Claude Turmes a par ailleurs organisé l’an passé un débat «Méi Bio an Europa – méi Bio zu Lëtzebuerg» ayant pour but de fournir une plus quantité de produits biologiques aux cantines publiques luxembourgeoises. Toujours selon le sondage réalisé par TNS Ilres, 73% des répondants sont en faveur d’une utilisation accrue de produits biologiques pour la préparation des menus dans les cantines scolaires. Plus de 80% seraient également prêts à payer un prix plus élevé pour que cela puisse se faire.

Depuis 2014, il existe au Luxembourg une AMAP (Association pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne), reprenant le concept de l’ASC (Agriculture Soutenue par la Communauté) et située à Eicherfeld, à seulement 10 minutes de Luxembourg-Ville. Dans ce verger d’1,5 hectares baptisé TERRA, se trouve une large gamme de variétés traditionnelles d’arbres fruitiers, espaces pour cultiver des légumes vivaces, herbes et fleurs, etc… Un véritable système agricole solide et diversifié qui imite l’équilibre et la biodiversité d’un écosystème naturel au cœur de Luxembourg. Dès cet automne ouvrira également OUNI, la première épicerie bio sans emballages au Grand-Duché. Cette société coopérative, dont l’acronyme signifie Organic Unpackaged Natral Ingredients, a pour but de «se poser comme une alternative écologique aux supermarchés conventionnels» : produits bio, locaux et équitables y seront à l’honneur.

Le 7 février prochain, la première édition du Food Summit sera organisée au Grand-Duché de Luxembourg. Ce sommet B2B rassemblera notamment agriculteurs, acteurs de la restauration collective, distributeurs… pour engager les débats, promouvoir les productions locales et partager les bonnes pratiques du secteur.

 

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