La nouvelle est peu traitée sous cet angle, mais c’est pourtant celui que tout le monde a en tête : la fusion annoncée de l’homme et de la machine. D’un côté, les prothèses, les implants et exosquelettes, très prisés par l’armée pour décupler la force et la résistance des soldats. De l’autre, un nouveau venu, très, mais vraiment très différent : Octobot.
Des scientifiques d’Harvard ont en effet dévoilé cette semaine plus qu’un projet, une preuve de concept, entendez par là un proto, la démonstration expérimentale que l’on peut concevoir des robots non seulement mous, mais autonomes.
Pour quitter le monde du solide, on oublie la batterie classique – qui impose souvent des éléments rigides et mécaniques – et on passe au monergol. Ce terme désigne une substance pouvant de manière autonome produire de l’énergie en se décomposant (on rencontre souvent ces thermes ergol, monergol, dans domaine de la propulsion spatiale). Un simple catalyseur suffit et c’est parti.
Tout cela reste très « embryonnaire » et les microroboticiens Barbara Mazzolai et Virgilio Mattoli le qualifie de « système minimal » à juste titre. L’Octobot gigote plus qu’il ne se déplace réellement, et il est très loin des prouesses légendaires des pieuvres sur le plan intellectuel.
Mais cela n’est en aucun cas anodin : il a été démontré que nous pouvons créer des robots mous, opérant de manière autonome, grâce à des fluides en lieu et place de circuits.
Des design plus complexes vont apporter des applications quasi infinies, mais une des premières concerne les enfants malades et personnes âgées, souffrant de problèmes de mobilité. Ces applications pourront être externes, mais aussi… internes.
Vous y êtes. Autant une prothèse, même imprimée en 3D, restait un corps étranger distinct, autant deux corps mous ensemble deviennent une cohabitation. Il ne manquerait plus qu’une petite touche d’intelligence artificielle là-dedans et Octobot pourrait très bien se fondre dans son hôte, et en prendre le contrôle. Brrr.