Depuis quelques années fleurissent, partout dans nos villes, des jardins horizontaux, en intérieur comme en extérieur. Chez les particuliers ou en entreprise, le mur végétal occupe désormais une place de choix dans notre paysage urbain.

Oubliés depuis la disparition des jardins suspendus de Babylone, les murs végétaux sont de nouveau au cœur de la ville et ce pour plusieurs raisons. Tout d’abord pour leurs vertus esthétiques : le mur végétal habille une façade et fait d’un simple bâtiment une œuvre d’art en prenant vie sur des espaces inutilisés et souvent peu agréables à la vue. Et ensuite, pour leurs vertus écologiques : le mur végétal créé un véritable écosystème qui a un effet dépolluant. Cet aspect vert, au centre des préoccupations actuelles, permet à ces jardins de joindre l’utile à l’agréable. Finalement, comme tout mur, le mur végétal a des vertus isolantes, que ce soit au niveau acoustique ou thermique, ce qui lui ajoute une utilité supplémentaire.

Comme de toutes tendances, les entreprises se sont emparées de ces murs vivants, et le moins que l’on puisse dire est qu’elles n’en tirent que des bénéfices, le principal étant que la présence de plantes au bureau cultive la productivité des employés.

Suite à une étude de l’université de Cardiff, la chercheuse en psychologie Marlon Nieuwenhuis constate qu’il suffit d’enrichir un bureau jusque-là spartiate avec des plantes pour accroître la productivité de 15%. Un constat émis également par Patrick Blanc, l’inventeur des murs végétaux : «outre l’amélioration de la qualité de l’air par les microorganismes présents autour des racines des plantes qui piègent les différentes particules chimiques comme les fameux COV polluants et les rendent assimilables par les plantes, le Mur Végétal apaise les personnes à son contact. Dans un environnement de travail, ceci se traduit par une concentration accrue des employés et bien sûr, par un bien-être au travail». Ce désir de rendre l’environnement professionnel agréable est incarné par sa création récente d’espace de «co-working» à Hong-Kong, une construction qui respecte totalement les principes que les murs végétaux portent dans leur ADN : le partage, le retour au source avec des matériaux bruts, et la simplicité.

Patrick Blanc, véritable botaniste et artiste, a innové dans de nombreuses entreprises aux quatre coins du monde, ses réalisations répondent à leur désir de rendre les espaces de travail agréables, mais aussi, lorsqu’il s’agit de créations en extérieur, «d’intégrer un site industriel dans son environnement, le projet de l’usine de traitement des eaux de Marquette près de Lille en est un bon exemple». L’unique contrepartie étant d’entretenir ces installations vivantes, que ce soit en eau, en engrais, en lumière ou en taillage, le mur végétal est amplement bénéfique. Malgré la préoccupation scientifique inhérente à ses projets, Patrick Blanc place la dimension artistique au centre de ses jardins que l’on qualifie de «haute bouture». Il parvient à trouver une harmonie dans des mélanges audacieux tout en inscrivant ses œuvres dans la durée. Il associe des espèces de plantes qui ne se sont jamais rencontrées et qui pourtant semblent faites pour évoluer ensemble. Au Luxembourg, on retrouve ces associations surprenantes dans deux réalisations. En effet, Patrick Blanc a posé ses valises au GrandDuché à deux reprises entre 2003 et 2007, et nous a laissé de merveilleux souvenirs, dans un cabinet d’avocat et dans une agence de voyage, sur lesquels il s’est confié : «j’ai installé surtout des espèces inhabituelles mais dont je connais la parfaite adaptation sur mes Murs Végétaux, comme Columnea arguta, Anthurium clarinervium ou Ludisia discolor, celles-ci présentant une architecture et une texture de feuilles nobles et qui entraînent vers le rêve». Ce véritable pionnier souhaite nous faire lever les yeux afin d’admirer des peintures vivantes qui nous emmènent plus haut encore que les buildings qu’elles envahissent.

Le mur végétal s’intègre peu à peu  au paysage luxembourgeois

Patrick Blanc n’est pas le seul à faire verdoyer le GrandDuché, une start-up s’est aussi établie au Luxembourg il y a un an avec un objectif : faire connaitre une technique révolutionnaire qui connait un succès croissant depuis une dizaine d’années dans plusieurs pays d’Europe et aux EtatsUnis. En effet, pour Florence de Groote, créatrice de la société About Green, au-delà du design et des vertus écologiques, la durabilité d’une installation est un critère primordial lorsqu’elle crée un mur végétal. Afin d’assurer cette pérennité, cette entrepreneuse a choisi d’employer un support qui irrigue les plantes de façon dite « capillaire ». Ce système consiste à humidifier les racines des plantes par le biais de profiles en aluminium qui servent de support et de gouttières. Pour Florence, « on peut comparer le système avec un puzzle, contenant des pièces de 40cm sur 40cm, chaque pièce étant composée de 9 alvéoles en polypropylène pour y accueillir des plantes choisies en fonction de l’esthétique mais également de l’environnement, de l’orientation et de la luminosité. »

En plus de ce souci de résultat et de longévité, Florence de Groote, tout comme Patrick Blanc, est animée d’une passion innée de la nature et de l’aventure illustrée par ses réalisations. Il faut réussir à habiller de vert, tout en combinant avec harmonie design et nature, que ce soit pour un grand mur ou un petit cadre, en intérieur ou en extérieur, pour un particulier ou pour un professionnel.

Pour la créatrice d’About Green, le mur végétal n’est pas avare de bienfaits, en effet introduire la nature sur des surfaces verticales n’est pas seulement une tendance mais également un style de vie. Au-delà de l’esthétisme, le mur végétal crée une sensation de bien-être en libérant des espaces au sol et soulage le moral grâce à sa teinte verdoyante. L’aspect écologique est évidemment aussi au cœur de ses créations, en utilisant des plantes telles que le Cholorphytum comosum qui absorbe le monoxyde de carbone ; le Nephrolepis exaltata qui dépollue et améliore le degré d’humidité  de  l’air environnant ; ou encore le Philodendron scandens qui a un très bon coefficient d’absorption des sons.

Que ce soit pour Patrick Blanc, ou pour Florence de Groote au Luxembourg, ou pour tous les autres créateurs partout dans le monde, le mur végétal permet de faire de l’intérieur un prolongement de l’extérieur, les deux ne forment alors plus qu’un. En entreprise, il permet de faire entrer la nature au sein de l’environnement de travail, ce qui permet une augmentation du bien-être des employés et de leur productivité. Ces jardins verticaux rendent les bâtiments plus humains et plus verts en combinant plantes, art, lumière naturelle, et design, un pari gagnant qui va faire rayonner le Luxembourg !