Forcément, ce n’est pas un terme à la mode, dans un monde qui célèbre la jeunesse, les startups, puis dans l’ordre toujours, les crèmes antirides et les maisons de retraite bio. Au milieu de cela, il y a les 45+, ces futurs vieux d’un monde qui va de plus en plus vite, et dans lequel on devient vieux de plus en plus jeune. Heureusement, l’intergénérationnel n’a jamais eu autant le vent en poupe qu’aujourd’hui.

Ne perdons pas notre latin

Les vieux vous le diront, le latin est à la base de beaucoup de choses, du sens de nombreux mots. Et si Sénior dérive de senex, qui a une notion de déclin, Vieux vient de Vetus, “qui dure depuis longtemps”. Vive les Vieux, donc.

Nos vieux sont notre mémoire, la solution cloud qu’on oublie. Imaginez le savoir de notre doyen à tous, Yisrael Kristal, né trois mois avant que les frères Wright n’effectuent le premier vol avec un avion motorisé, mais aussi le plus vieux survivant de l’Holocauste. Un témoin inestimable de notre temps.

Interagir dès le plus jeune âge

Parmi les plus belles expériences d’aujourd’hui, on ne peut passer à côté de l’émerveillement de voir le rapprochement entre maisons de retraite et crèches. Les enfants bénéficient d’une attention bienveillante, de l’ordre de celle que l’on reçoit de ses grands parents, et offrent aux personnes âgées une solution à l’isolement, du sens dans leur vie, et souvent du bonheur tout simplement. Ces échanges ont lieu également au Luxembourg, dans la maison de soins Am Schmëttbesch de Schifflange.

Etudier et vivre ensemble

Plus tard, les étudiants commencent à expérimenter le logement intergénérationnel. L’idée est simple, un logement gratuit pour les étudiants contre quelques services ici et là. Une solution au problème de logement et à son financement d’un côté, à la solitude de l’autre.

Ce mouvement expérimenté en Espagne et en Allemagne fait progressivement des émules en Europe, notamment au Grand-Duché via Caritas dont une maison intergénérationnelle devrait voir le jour à Beggen en 2017, ou via Cohabit’Age, une association basée à Esch dédiée à ces enjeux.

Partager la parole en entreprise

Le groupe Accor s’est doté récemment d’un shadow cabinet, une expression politique britannique qui désigne le gouvernement parallèle de l’opposition, mais qui ici vise à redonner la parole aux jeunes dans un comex des jeunes. Airbnb est passé par là, et a considérablement changé la donne : impensable de ne plus intégrer les jeunes qui bousculent les modes de consommation ! Au Luxembourg, c’est ING qui explore cette voie – voir l’article Votre boss vous aime-t-elle (ou il) vraiment ? – avec une association interne forte de 360 membres de moins de 36 ans. On décide aujourd’hui en intégrant tous les âges.

Entreprendre ensemble

A 60 ans aujourd’hui, on a 30 ans devant soi, des connaissances, un réseau, et des fonds. Ce que l’on n’a pas à 20, ni parfois à 30. On représente aussi l’or gris, un marché phénoménal, mais qu’on ne peut connaître que de l’intérieur. Les programmes de mentoring, les aides sont en place. Les incubateurs intergénérationnels pas encore, mais après tout, quel que soit votre âge, il ne tient qu’à vous de faire de cette diversité une des voies les plus prometteuses du Luxembourg.